Cameroun-Doctorat professionnel : Voici tout sur une crise non-résolue qui oppose le Minesup aux étudiants

0
58

Un face à face oppose actuellement le ministre de l’Enseignement supérieur et des doctorants professionnels.

Un an après son annulation (novembre 2019) par les services du Premier ministre, le débat sur le doctorat professionnel naît à nouveau de terrain. Il oppose les doctorants professionnels au ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup) et aux recteurs Magloire Ondoua (aujourd’hui à l’Université de Douala) et Adolphe Minkoa She (Université de Yaoundé II).

En effet, dans une correspondance datée du 9 octobre 2020, Joseph Claude Ateba, porte-parole du collectif des 28 étudiants en colère a dénoncé une arnaque dont le montant contesté avoisine les centaines de millions de francs CFA accumulés entre 2015-2018. Selon celui que nous avons contacté au téléphone, «nous avons été soulagés de 400 à 500 millions de francs CFA pour les deux facultés (faculté des sciences juridiques et politiques; et faculté des sciences économiques et de gestion). Ceci est pour ceux qui ont accepté de parler . « 

Ainsi, entre autres, ils demandent le remboursement de leur argent. «A partir de lundi (12 octobre 2020, ndlr), ils recevront des convocations. Nous leur donnerons huit jours. S’ils ne réagissent pas, nous leur servirons une citation directe et passerons directement au procès. Si nous allons devant les tribunaux, nous leur réclamerons des dommages-intérêts car les dommages sont énormes », a même menacé le collectif.

Bras de fer

En réponse à cette sortie, qui a fait chier la presse, la chargée de communication du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) a signé un communiqué en date du 14 octobre 2020 qui efface le ministère. Le Ministre rappelle certaines dispositions légales, notamment l’article 67 alinéa 1 du décret de 1993 portant dispositions communes aux universités et les articles 7 et 27 du décret du 17 octobre 2005 fixant les règles financières appliquées aux universités d’Etat.

Ils précisent que «la gestion financière des universités d’État fonctionne en autonomie managériale, académique et financière, à la lumière de la gouvernance universitaire». Par ailleurs, «le Ministre d’Etat, Ministre de l’Enseignement Supérieur informe l’opinion nationale et internationale qu’il n’a perçu aucun franc, relatif au paiement des droits universitaires par les étudiants inscrits dans le cadre du doctorat professionnel, alors en activité à l’Université de Yaoundé II à Soa », indique Jean Paul Mbia.

Sauf que le collectif est revenu à l’assaut, un jour plus tard, le 15 octobre. Joseph Claude Ateba pour le collectif de 28 étudiants rappelle au professeur Fame Ndongo qu’il a présidé la cérémonie de lancement du doctorat professionnel au centre des congrès de Yaoundé au cours de l’année 2014. «Par cet acte, vous avez donné l’onction du gouvernement à cette initiative», insiste le collectif qui classe ainsi le ministre au rang de «co-auteur et complice» de l’acte du professeur Magloire Ondoua, alors doyen du Fsjp de l’Université de Yaoundé II.

Par ailleurs, le collectif rappelle le pouvoir de tutelle accordé à Minesup dans la tutelle des universités. « Notre action en justice à votre encontre est due au fait qu’en tant que tutelle académique, vous aviez l’obligation de vous rassurer sur la nature légale et légitime du doctorat professionnel mais au contraire, vous avez motivé cette initiative et l’avez laissée prospérer.. De plus, vous n’ont encouragé aucune initiative visant à redonner aux doctorants professionnels de l’Université de Yaoundé II leurs droits palliatifs, suite à la suspension du cycle de doctorat professionnel « .

Le ministre est accusé de ne vouloir rejeter la responsabilité querellée que sur les deux recteurs, Minkoa She (actuel recteur de Yaoundé II) et Magloire Ondoua.

Chez Minesup, nous nous préparons également à riposter face à ce qui semble désormais être une véritable impasse.

Au début

En fait, tout commence par la correspondance du Ministre de l’Enseignement Supérieur (Minesup), en date du 14 février 2020. Le Pr Jacques Fame Ndongo demande au recteur de l’Université de Yaoundé II, le Pr Adolphe Minkoa She, de suspendre le professionnel doctorat qui est pourtant le fruit d’une réflexion sur la réforme de l’enseignement au Cameroun menée entre 2014 et 2015. Il est conforme aux instructions du Premier ministre de novembre 2019 qui demande effectivement la suppression de ce doctorat.

Cet acte correspond également aux résolutions prises par l’actuel recteur de l’Université de Yaoundé II, Soa, le 5 mars 2018, année marquant effectivement la fin de cette formation mise en place par le Pr Ondoua Maloire, actuel recteur. de l’Université de Douala. A la suite de l’information, on se souvient que, réuni à sa 36e «session à Cotonou au Bénin du

Du 26 au 30 mai 2019, le Conseil des ministres du Cams (Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur) n’a pas reconnu le doctorat professionnel. «Sur la question du« Doctorate of Business Administration (Dba) »dans la zone Cames, le Comité Consultatif Général (Ccg) a souligné qu’il n’y a pas de doctorat professionnel dans la zone Cames où la Licence-Master-Doctorat (Lmd) est en effet.

Le doctorat professionnel a également fait l’objet d’un point à l’ordre du jour de la conférence des recteurs qui s’est tenue au ministère de l’enseignement supérieur. A cette occasion, «le recteur a proposé aux chefs d’établissements (Doyen FSJP et Doyen FSEG) que les étudiants inscrits en doctorat professionnel depuis 2014 soient transférés (en régularisation) en doctorat classique pour ceux qui ont un DEA ou un Master; et en Master pour les autres », at-il dit.

Mais, dans une autre lettre au chef de l’Etat datée de juillet 2020, d’anciens doctorants professionnels affirment que «maltraités, humiliés, escroqués, ruinés par les énormes frais de scolarité et le coût élevé du travail de recherche, nous nous sommes sentis traités comme des étrangers dans notre propre pays. »Ils l’ont réitéré en réponse au« déni catégorique »de Celcom Minesup, déclarant que« les dégâts sont énormes ».

«Il y a des camarades qui étaient dans les organisations internationales et qui ont été payés pour cette formation par leurs structures respectives. Et quand la suspension est venue, ils ont perdu leur emploi. Parce que la structure n’a pas compris de quoi il s’agissait, parce que cela ressemble à une arnaque. D’autres ont contracté des emprunts auprès de la banque. Personnellement, j’ai contracté un emprunt que j’ai dû racheter il y a deux ans, car il pesait sur mdi. Ils me coupent 132 000 FCFA chaque mois », selon le porte-parole du groupe desdits étudiants, Joseph Claude Ateba. Contre les recteurs, les étudiants rappellent la raison de leur colère.

«Jusque-là, nous avions trois types de desiderata au sein de notre collectif. Le premier groupe a demandé un passage au cycle de doctorat classique; le deuxième groupe a demandé un passage au cycle doctoral classique avec remboursement du trop-payé; et enfin le troisième groupe a exigé le remboursement des sommes versées dans les livres de l’Université de Yaoundé II au titre du paiement des droits universitaires », peut-on lire dans la correspondance.

Pour rappel, c’est la réforme universitaire de 2006 qui a conduit au système Licence-Master-Doctorat (LMD), qui a été à l’origine de la décision du Professeur Magloire Ondoua, alors doyenne, de créer un doctorat professionnel.

QU’EN PENSEZ-VOUS?

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

[gs-fb-comments]

[comment-form]

Votre point de vue compte, donnez votre avis

[maxbutton id= »1″]