Massacre de Kumba: Découvrez l’identité des tueurs désormais connue, grâce à Ayuk Tabe

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Ô sacrilège ! Plus rien ne les arrête ! La frontière entre la pire des bêtises et le bon sens est si ténue qu’elle est pour eux devenue imperceptible.

Quel intérêt y avait-il à attribuer à Sisiku Julius Ayuk Tabe une dénonciation du massacre des élèves du Mother Francisca Memorial College ponctuée par une fausse accusation proférée contre son successeur Dr. Samuel Ikome Sako, si ce n’est qu’il fallait, au moyen d’une machination de bas étage, semer la zizanie dans les rangs des indépendantistes anglophones, prenant ainsi le risque de multiplier les foyers de tension, étant entendu que le différentes factions qui en naîtront devront se neutraliser –s’entretuer- sans pour autant que cesse la guerre contre celui que tous les indépendantistes appellent “l’envahisseur” ou “l’oppresseur” ?

Cette manigance qui aide pour beaucoup dans l’identification des tueurs d’enfants, ne prouve-t-elle pas qu’en réalité le drame de Kumba n’était rien d’autre pour ses auteurs qu’une autre entreprise de mystification pour manipuler le peuple révolté du Southern Cameroon contre ses porte-étendards que sont les séparatistes anglophones et liguer les leaders du mouvement indépendantiste les uns contre les autres, quitte à ôter des vies et semer la désolation dans des familles et communautés ?

Une hécatombe pour un bénéfice aussi dérisoire qu’insignifiant ?

Il n’y a pas pire idiot que celui qui fait la même chose à chaque fois et qui à chaque fois attend de son action une conséquence différente. On ne compte pas le nombre de fois depuis bientôt quatre ans, où des actes d’une innommable cruauté ont été posés et imputés aux sécessionnistes dans le but de les rendre odieux aux yeux des leurs, aux yeux des Camerounais francophones, et surtout de la communauté internationale.

Il se trouve malheureusement que seule la communauté internationale a joué le jeu en faisant semblant d’être dupe à travers un numéro d’équilibrisme tenant tantôt de condamnations de pure forme des groupes armés sécessionnistes, tantôt du fait de renvoyer dos à dos les parties en conflit, alors que dans un cas comme dans l’autre, on admet dans les cénacles internationaux que face à l’oppression exercée par le régime de Yaoundé et son armée, les anglophones, habitués depuis les temps coloniaux à faire valoir leurs droits pouvaient difficilement avoir la retenue nécessaire pour laisser à Dieu seul le soin de les venger quand Il le jugera nécessaire(*).

Quant aux populations anglophones, elles n’hésitent pas à voir derrière tous leurs malheurs dont les auteurs ne sont pas identifiés, la main des anglophones du régime dont les actions macabres font monter de plusieurs crans le degré d’horreur, afin de convaincre l’opinion de la négativité des sécessionnistes.

Il n’est pas ainsi rare de les voir dénoncer les « “fake (faux) Ambas boys” créés par Atanga Nji pour semer la terreur afin de donner des raisons aux entrepreneurs de guerre tapis au sein du ministère de la défense et à la Présidence de la République, ainsi quà leurs complices de nombreuses autres administrations, de poursuivre la sale guerre qui leur permet de s’enrichir en versant le sang des innocents sous le prétexte de préserver l’unité et l’indivisibilité du territoire camerounais. ».

Dans la région du Sud-ouest, depuis le décès du truculent Patrick Ekema, ce sont le ministre Paul Tassong Djoukang, certains préfets et autorités militaires qui sont accusés de fomenter des groupes de miliciens dont les actes visent à accroitre le besoin de répression, donc nécessairement le besoin de ressources humaines pour faire la guerre au désordre, avec ce que cela implique d’importants moyens financiers pour les entretenir et les équiper. Or les vrais sécessionnistes -qui ne s’en prennent pas aux populations avec lesquelles ils sont en symbiose, comme l’attestent depuis quatre ans l’adhésion aux mots d’ordre de “villes mortes” – ne faisant pas de quartier quand ils frappent dans les rangs ennemis, l’argent des centaines de soldats tués au combats(**) retourne simplement dans les poches de ceux qui ont intérêt à ce que la guerre se poursuive, et qui, pour montrer leur efficacité, exécutent sommairement de jeunes gens arrêtés parmi la population civile, ou de simples malfrats, et parfois leurs propres indicateurs en conflit avec eux pour une raison ou une autre, dont les dépouilles sont ensuite présentées comme celles des éléments des groupes armés séparatistes « tombés dans des guet-apens savamment élaborés par les tacticiens hors-pair des forces gouvernementales ».

Sisiku Julius Ayuk Tabe n’est pas l’unique victime de la désinformation menée par les bons soins des anti-sécessionnistes.

Tout ici semble donc participer d’une opération de désinformation, depuis les meurtres commis en cascades jusqu’au démentis officiels en passant par les accusations.

A titre d’exemple, depuis le matin de ce lundi 26 octobre 2020, une vidéo circule sur le réseau social Whatsapp, dans laquelle un homme d’église présenté comme l’évêque de Kumba « reçoit des activistes… ambazoniens et les couvre de sa bénédiction pastorale ». L’informateur de Cameroonvoice à Yaoundé qui a regardé la vidéo dit que les paroles qui y sont prononcés ne sont pas audibles et qu’il ne peut donc en déduire qu’ils’agit d’un exercice de bénédiction, pas plus qu’il ne croit y reconnaitre l’évèque de Kumba. En plus, dit-il, les personnes désignées comme des Ambazoniens avaient juste couvert leur calotte cranienne avec des sacs en plastiques aux motifs colorés de bleu et de blanc, qui sont les couleurs du drapeau de la “république” en projet d’Ambazonie que les sécessionnistes veulent mettre sur pied. Du coup, l’évèque de Kumba, Mgr Agapitus Nfon, qui a toujours dénoncé les exactions des forces gouvernemùentales et celles des groupes armés –alors que les théoriciens du génocide qui soutiennent le régime de Yaoundé ne cessent d’affirmer qu’“on ne peut mettre l’Etat de plain-pied avec des insurgés” voudraient que ne soient mis à l’index que « ceux qui ont pris les armes contre les institutions républicaines »(***) est désigné comme celui qui « a encouragé des terroristes ambazoniens à perséverer dans leur entreprise meurtière ». « Il en cache même dans son évéché, ce prêtre opposant », tranche un autre commentateur en réaction à la vidéo. Mais seulement, dans ce fol empressement à trouver des bouc-émissaires, les soutiens du régime ignorent que cette vidéo, en plus d’être fausse, peut être retournée contre eux dans la mesure où l’attaque de l’établissement scolaire catholique Mother Francisca International Bilingual Academy peut être interprétée comme des représailles contre le chef de l’église catholique locale. Or nul ne sait, au cas même où il serait venu à l’idée d’un prince de l’église romaine de nocer avec des sécessionnistes, si ce n’était pas pour convaincre ces derniers de ne pas s’attaquer aux élèves en cette période de rentrée scolaire, ou s’il n’était pas en train de ramener à de meilleurs sentiments des assaillants en quête de moyens de financements et ayant estimé que l’église en avait assez pour être épargnée dans le cadre de la collecte du “nerf de la guerre”.

Autre victime de la désinformation qui cache mal la volonté de reléguer au second plan la quête de la vérité sur le “24 octobre noir” de Kumba, la prise à partie des populations par le préfet Ntou’ou Ndong Chamberlain, qui les a accusées et fait mettre en détention parce que, dit-il, elles ne sont pas intervenues pour stopper (les mains nues ? ndlr), les assaillants munis d’armes de guerre qui ont tué de sang froid une dizaine d’élèves et blessé une vingtaine d’autres. Après la dénonciation par Cameroonvoice de cette attitude du représentant du gouvernement à Kumba, des bruits ont commencé à fuser lundi matin dans les rangs des autorités instillant l’idée qu’en fait les populations sont coupables d’avoir laissé passer les tueurs dont elles avaient vent du projet, parce que croyant que ces derniers allaient plutôt s’attaquer à une base militaire. Autrement dit, ces populations sont complices d’un projet terroriste d’attaque d’une base militaire. C’est à peine si ce n’est pas une punition du ciel qu’au lieu d’aller s’attaquer à une base militaire, les assaillants se soient démontés à la dernière minute et pris pour cible des enfants.


SOURCE: https://www.w24news.com

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