Suisse: Découvrez comment l’immense fortune des Biya citée dans une affaire de ‘Biens mal acquis’

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Grâce à un rapport du Comité catholique contre la faim et le développement (CCFD-Terre solidaire), on en sait un peu plus sur la richesse personnelle du chef de l’Etat camerounais Paul Biya.

Le rapport, publié sous la rubrique «Retour des biens acquis illégalement: un inventaire», résume les actifs que le président camerounais a acquis depuis son arrivée au pouvoir en 1982.

Paul Biya a pris le pouvoir le 6 novembre 1982. Selon la constitution camerounaise, il a profité de la démission de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, dont il était jusqu’alors Premier ministre.

On peut se demander s’il restera au pouvoir pendant 38 ans. Des allégations de fraude ont souligné les élections qui ont prolongé son mandat.

En 2008, Paul Biya a amendé la constitution afin de devenir président à vie en pratique comme ses voisins au Gabon et en Guinée équatoriale. En effet, il a brisé le verrouillage qui limitait le mandat présidentiel à deux depuis la révision de la constitution de 1996. Est-ce ainsi qu’il se protège des éventuelles représailles que ses successeurs pourraient lui apporter?

Selon l’indice de perception de la corruption développé par la Transparency International Association, le Cameroun est l’un des pays les plus corrompus au monde. Au classement établi par TI en 1998 et 1999, il a même reçu le titre de champion du monde dans cette catégorie. Malgré cette mauvaise réputation, Paul Biya rejette la mise en place d’une commission sur les biens mal acquis dans son pays pour lutter contre la corruption.

Genève
Il a préféré créer la CONAC (Commission Nationale Anti-Corruption) le 11 mars 2006, à la tête de laquelle il a nommé un croyant, Paul Tessa, ancien ministre et ancien secrétaire général de la Présidence de la République. En janvier 2008, le président Biya a lancé une grande opération anti-corruption «épervier» afin de gagner les bons côtés des donateurs internationaux et probablement aussi de régler des comptes avec certains ministres qui avaient sa place en tête.

A cet effet, une liste d’une soixantaine de personnalités, ministres, directeurs généraux et hommes d’affaires est publiée dans la presse. À la mi-2008, environ 15 d’entre eux ont été arrêtés, jugés et condamnés à de longues peines de prison et de lourdes amendes. Des experts comme Francis Dooh Collins sont engagés pour rechercher 162 millions d’euros qui, selon le gouvernement, ont été mal utilisés. Moi aussi, Jacques Vergès, j’aurais été interrogé. Le gouvernement camerounais a reçu un soutien international pour cette opération, notamment du FBI, la police fédérale américaine.

L’ancien ambassadeur américain au Cameroun, Niels Marquardt, était catégorique sur cette question: «Il ne suffit pas de publier les noms des suspects de corruption ou de les démettre de leurs fonctions. Les personnes accusées de corruption doivent être formellement inculpées, poursuivies et condamnées si elles sont reconnues coupables. Dans le même temps, leurs possessions illégales doivent être confisquées et restituées au Trésor public.  »

Il appartient aux Etats d’apporter leur aide pour suivre le sort des personnes concernées à l’étranger, notamment dans les paradis fiscaux. Cependant, selon l’ambassade américaine, ce n’est pas facile car il y a des comptes blanchis. . (…) Nous avons besoin de beaucoup de preuves ». Un autre cabinet d’avocats explique que « le plus dur dans cette opération est de mettre tout le monde en prison parce que tout le monde est plus ou moins trempé ».

Qu’en est-il de Paul Biya et de ses proches? Aucune information officielle à leur sujet n’a été filtrée. Et pourtant l’article 56 de la Constitution camerounaise, depuis sa révision en janvier 1996 par le président Paul Biya, dispose: «Le président de la République, le Premier ministre, les membres du gouvernement et assimilés (…) doivent faire une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat . « La loi n ° 003 de 2006 du 25 avril 2006 contient la liste exacte des personnes soumises à cette obligation d’enregistrement des biens et avoirs. Cependant, elle n’avait été publiée qu’en mai 2009. Au contraire, le président camerounais a la Réputation comme l’un des chefs d’État les plus secrets du monde.

Les associations camerounaises, les syndicats et les journalistes sont déçus et même en colère de ne pas avoir retrouvé Paul Biya dans l’étude de 2007 sur les profits illicites. La démarche est audacieuse car le sujet est tabou au Cameroun. En février 2008, Jean-Bosco Talla, journaliste aux journaux privés Le Front et Germinal, impliqué dans un programme de renforcement de la société civile camerounaise soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, a vécu une expérience amère.

REF: retroperspectivesdafrik.com

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