A Bobigny, la délicate proximité du maire avec la compagne d’un membre du gang des Barbares

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Un simple selfie, et toute une mairie est aux abois… A la fête du quartier de l’Abreuvoir, le week-end dernier à Bobigny, le nouveau maire PCF, Abdel Sadi, a posé, le temps d’une photo, avec deux responsables associatives, avant de la poster sur Facebook. L’une d’elles n’est autre que Lynda Benakouche, la présidente de Crescendo, structure d’aide aux enfants. Une associative active, également chargée de mission en mairie… mais aussi compagne de Jean-Christophe Soumbou, membre du gang des barbares condamné à dix-huit ans de prison en 2006 pour son rôle dans la séquestration, la torture et le meurtre du jeune Ilan Halimi.

Jugée « protégée » par l’UDI sous la mandature précédente selon certains — l’hypothèse a été documentée dans le livre « le Maire et les Barbares » écrit par la journaliste Eve Szeftel — elle serait désormais, si l’on en croit cette photo, dans les petits papiers de… la nouvelle municipalité PCF, élue en juin. De quoi interroger un observateur de la vie locale : « Alors que durant la campagne, les communistes avaient presque fait de cette femme un argument anti-UDI, une fois au pouvoir, ils ont les mêmes méthodes! »

Pourquoi Lynda Benakouche cristallise-t-elle les tensions à Bobigny ? Si cette mère de famille n’a jamais été condamnée dans l’affaire du gang des Barbares, n’étant que la compagne de l’un des membres, son nom fait tressaillir dans les couloirs de la mairie, où elle travaille comme agent d’animation au service des sports.

Car, au-delà de la condamnation de son époux, elle-même a fait l’objet de trois admonestations de la préfecture de Seine-Saint-Denis au sujet de son emploi. Par trois fois, sous la mandature UDI, entre 2014 et 2020, les services de l’Etat ont pointé ses qualifications inférieures à celles exigées pour l’emploi occupé. Par ailleurs, la Chambre régionale des comptes (CRC) avait aussi épinglé Lynda Benakouche dans le lot des agents surpayés au regard de leurs compétences. A chaque fois, la municipalité lui a refait un nouveau contrat, et, juste avant le premier tour des élections, l’a même « stagiairisée » — ouvrant la voie à un statut de fonctionnaire.

« Beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi le nouveau maire affiche publiquement sa proximité avec Lynda Benakouche, alors que ses militants l’avaient dans le viseur durant la campagne, observe un habitué des couloirs de l’hôtel de ville. La CGT aussi réprouvait qu’elle soit maintenue en poste, alors que la préfecture avait retoqué trois fois son embauche… »

Qu’en dit le maire ? Benjamin Dumas, son directeur de cabinet, répond qu’Abdel Sadi est dans une « politique d’apaisement » et n’est pas un partisan de la « chasse aux sorcières ». Comprenez : la ville ne peut pas virer quelqu’un qui n’a pas été condamné dans l’affaire Ilan Halimi. « Le maire discute avec tout le monde, même avec ceux qui ont fait campagne pour l’UDI », dit encore le collaborateur de Sadi.

Reste qu’une certaine gêne existe. « Madame Benakouche est à la fois agent de la ville et associative, il est normal que le maire la croise régulièrement sur des événements. Mais ce n’est pas lui qui sollicite les selfies ! D’ailleurs, une photo ne vaut pas un soutien ou une amitié », conclut Benjamin Dumas.

Contacté, un membre de la précédente majorité UDI martèle aussi que Lynda Benakouche n’a « pas été condamnée dans l’affaire du gang des Barbares » et qu’elle « n’avait donc pas à être virée ». Il insiste, aussi, sur « le rôle de son association auprès de centaines de jeunes ». Et de s’amuser de la polémique née après la photo d’Abdel Sadi avec Lynda Benakouche : « Il va falloir que la nouvelle équipe justifie ses positions outrancières durant la campagne à son sujet. C’est l’arroseur arrosé ! »

A la CGT, on confirme que « le maire n’est pas dans une démarche de chasse aux sorcières », ce qui explique qu’il ait accepté ce selfie en compagnie d’une agent sulfureuse et hostile à sa politique. Mais le cas Lynda Benakouche interroge tout de même : « C’est une tête brûlée. On sait que si on s’intéresse de trop près, il y a des possibilités de représailles… »

Dernière chose : selon nos informations, Lynda Benakouche est sous le coup d’une procédure interne, et doit être entendue par l’administration. Lors du conseil municipal d’investiture d’Abdel Sadi, mi-juillet, elle aurait tancé violemment l’un des nouveaux élus, le socialiste Fouad Ben Ahmed, qui avait fait alliance avec le PCF dans l’entre-deux tours. « Elle lui a hurlé qu’il avait donné la ville aux communistes, indique une source proche du dossier. Qu’elle ne l’oublierait pas. »



SOURCE: https://www.w24news.com/news/a-bobigny-la-delicate-proximite-du-maire-avec-la-compagne-dun-membre-du-gang-des-barbares/?remotepost=283971

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