A l’Université d’été du Medef, Jean Castex câline les patrons

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    Il est rentré sur scène sur l’air de « I will survive » (Je survivrai). Les pessimistes y ont vu tout un symbole : celui d’une économie tricolore moribonde; les optimistes se sont souvenus de la victoire des Bleus en 1998 et ont espéré « des lendemains économiques qui chantent ». Geoffroy Roux de Bézieux, en ouvrant ce mercredi après-midi, sur la pelouse de l’hippodrome de Longchamp, l’Université d’été du Medef — baptisée « Renaissance des entreprises de France » (la « REF20 ») — se rangeait du côté de ceux qui voient le verre à moitié plein.

    « Je suis venu vous livrer un message d’optimisme, à l’heure où tous les économistes prédisent des défaillances d’entreprises et du chômage de masse », tonnait-il d’emblée. Face à lui, en tribune, dur de dire si les chefs d’entreprise retrouvaient le sourire — ils portaient tous un masque ! — mais ils étaient nombreux à avoir répondu présent. 4500 personnes se sont inscrites à la « REF20 », soit 25 % d’adhérents supplémentaires par rapport à l’édition de l’an dernier.

    Les chiffres du chômage pour juillet, tombés ce même jour et qui laissent espérer des jours meilleurs (- 4,1 % en catégorie A, les chômeurs sans aucune activité), validaient même l’hommage de Geoffroy Roux de Bézieux à la précédente équipe gouvernementale : « Rendons à Edouard ce qui est à Edouard, reconnaissons que le gouvernement a fait le job! » Mais « gare aux effets en trompe-l’œil », tempère-t-on jusqu’au ministère de l’Economie, où la perspective d’une rentrée difficile sur le marché du travail inquiète…

    Puis, l’heure est venue de céder la parole à Jean Castex. Conscient d’avoir généré beaucoup de frustration chez les patrons en retardant l’annonce du plan de relance de 100 milliards d’euros, le Premier ministre était venu avec quelques (petites) surprises.

    Les conditions actuelles d’indemnisation du chômage partiel seront maintenues « au moins jusqu’au 1er novembre » alors qu’elles devaient être revues à la baisse au 1er octobre, a-t-il indiqué. Les secteurs les plus en difficulté (tourisme, culture, sport, événementiel), eux, « conserveront jusqu’à la fin de l’année un accès à l’activité partielle » dans les conditions actuelles.

    Enfin, les règles concernant l’obligation du port du masque dans les entreprises à partir du 1er septembre « seront clarifiées en fonction de la nature de l’activité, de la configuration des locaux et de la circulation épidémique du virus » sur le territoire de l’entreprise.

    Dans le mille! « Je n’attendais pas grand-chose du discours, confie Emilie Legoff, la dirigeante d’une PME lyonnaise d’édition de logiciels. Mais j’ai été très sensible au pragmatisme dont Jean Castex a fait preuve, notamment sur la question des masques. » Et d’ajouter : « D’ordinaire, le gouvernement a tendance à oublier que Paris, ce n’est pas la France. Là, le Premier ministre a promis de l’argent pour les territoires et les petites entreprises ». « Au moins un quart » des 100 milliards d’euros prévus bénéficiera ainsi aux TPE-PME, a insisté Jean Castex.

    D’autres accueillaient cependant les annonces avec bien plus de sévérité. « L’Etat met en avant les prêts garantis, mais leurs taux sont ceux du marché, peste un patron de start-up. On ne nous fait aucune fleur! » Clin d’œil — « Je vous parle off car j’ai répondu à un appel d’offres public ». Puis une nouvelle banderille : « Dans la grande tambouille du plan de relance, le gouvernement réchauffe des milliards qui étaient déjà depuis longtemps dans l’écosystème des aides aux entreprises. »

    Mais l’avenir économique alors, au final ? Chassez le naturel, il revient au galop, dans les allées de Longchamp, plusieurs entrepreneurs préféraient finalement ne s’en remettre… qu’à à eux-mêmes. « En trois mois, notre entreprise a perdu la moitié de son chiffre d’affaires, insistait Cyril Laurent, directeur marketing de Pixminds, un fabricant d’accessoires informatiques basé à Chambéry (Savoie). Donc merci le chômage partiel et les prêts garantis, merci le soutien de nos banques partenaires, mais il nous a fallu également compter sur nous-mêmes, la motivation et l’investissement de nos salariés. »



    SOURCE: https://www.w24news.com

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