Agbor Balla boycotte l’audience disciplinaire et crache ses quatre vérités à Atanga Nji

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    «Tout le monde ne peut pas être intimidé ou intimidé. Plus tôt ils savent que mieux c’est pour eux. » L’avocat Nkongho Felix Agbor, alias Agbor Balla, instructeur au Département de droit anglais de l’Université de Buea, réagissait après avoir boycotté une convocation du 6 mai 2020, où il était censé justifier pourquoi il avait posé une question d’examen sur la crise anglophone.
    L’audience disciplinaire s’est déroulée dans la salle du conseil du bloc administratif central le mercredi 6 mai 2020 malgré le boycott d’Agbor Nkongho.

    Mercredi matin, le shérif-huissier Tapa Justin Lebrin a servi «L’apparence sous protestation» d’Agbor Nkongho au vice-chancelier de l’Université de Buea. Le document de quatre pages a été reçu au nom du vice-chancelier par son secrétaire particulier. Dans le document, Nkongho fait des trous dans l’audience disciplinaire, affirmant qu’elle n’a pas respecté les dispositions légales en vigueur.

    Le retrait des cours d’Agbor Nkongho avant même l’audience justifie que son licenciement de l’Université de Buea n’est qu’une question de temps.

    Le professeur Atangcho Nji Akonumbo, doyen de la Faculté de droit et des sciences politiques suggère que le militant des droits a violé ses obligations professionnelles lorsqu’il a posé une question d’examen sur la crise anglophone dans un premier cours de premier semestre intitulé «Histoire politique et constitutionnelle du Cameroun». La question se lisait comme suit: «La crise anglophone depuis 2016 a été provoquée par des grèves d’avocats et d’enseignants. Évaluez la validité de cette déclaration. (40 points) ”

    Une «Lettre d’invitation à une audience disciplinaire» datée du 29 avril 2020 n’a été remise au bureau d’Agbor Balla au Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique (CHRDA) à 12 h 08 le mardi 5 mai 2020, 22 heures à l’audience.

    Dans la lettre d’invitation, le professeur Atangcho écrit: «Sur instruction du vice-chancelier de l’Université de Buea, et conformément à l’article 16 du décret n ° 93/036 du 29 janvier 1993, vous êtes invité à comparaître devant un panel disciplinaire constitué de l’Université pour entendre les allégations contre vous pour non-respect des obligations professionnelles pour une question que vous avez posée sur LAW243: Histoire politique et constitutionnelle du Cameroun, lors de l’examen du premier semestre 2019/2020.

    Entrez «Apparition sous protestation» d’Agbor Nkongho

    Objet: LETTRE D’INVITATION À UNE AUDIENCE DISCIPLINAIRE

    «MÉMORANDUM D’APPARENCE SOUS PROTESTATION»

    Cher Monsieur,

    Merci pour votre lettre, référence 2020/093 / UB / D / FLPS / FO du 29 avril 2020, sur le sujet ci-dessus. La lettre citée a été signifiée à mon bureau de la rue Biaka, Upper Bonduma, Buea, le mardi 5 mai 2020, à 12 h 08. Après avoir lu la lettre, j’ai quelques observations à faire. Avant de le faire, je reproduirai le dispositif de la lettre qui dit:

    Sur instruction du vice-chancelier et conformément à l’article 16 du décret n ° 93/036 du 29 janvier 1993, vous êtes invité à comparaître devant un collège disciplinaire constitué de l’Université pour connaître des allégations portées contre vous pour non-respect de obligations professionnelles pour une question que vous avez posée sur la loi 243: intitulée: Histoire politique et constitutionnelle du Cameroun, lors de l’examen du premier semestre 2019/2020. L’audience est prévue pour le mercredi 6 mai 2020.

    L’Université de Buea («UB») est une institution que ma génération d’étudiants anglophones à l’époque de l’Université de Yaoundé, aux côtés des organisations de la société civile et des groupes de pression préconisés, en manifestant pacifiquement à Yaoundé et dans les grandes villes du Sud-Ouest et du Nord-Ouest Régions. Ces protestations ont effectivement fait pression sur le gouvernement pour qu’il modernise le centre universitaire de Buea en une université de style anglo-saxon à part entière. Par la suite, en tant que président du Consortium de la société civile anglophone du Cameroun, nous nous sommes battus pour protéger son indépendance et son esprit d’excellence qui ont constitué le fondement d’innombrables intellectuels. UB est une institution dans laquelle je suis profondément fière et honorée d’enseigner. Au cours des cinq dernières années, j’ai cherché à perpétuer son esprit fondamental d’excellence chez les futurs leaders et étudiants en droit.

    Il s’ensuit que je réponds à votre lettre par respect pour UB et ce qu’elle représente en tant qu’institution.

    En ce qui concerne le contenu de la lettre, ma première observation est qu’elle bafoue les procédures et manque de respect aux dispositions légales.

    MANQUEMENT AUX DISPOSITIONS JURIDIQUES

    Une invitation à comparaître devant un jury disciplinaire doit être précédée du respect de certaines dispositions statutaires. Il existe un ensemble de décrets et de circulaires ministérielles qui régissent et régissent les procédures disciplinaires impliquant des professeurs d’université.

    Monsieur, je suis conscient que vous n’êtes pas étranger à ces textes et à leurs exigences pour qu’un enseignant comparaisse devant un comité de discipline. Cependant, pour des raisons de clarté et d’accentuation, permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire avec ces derniers.

    Procédures antécédentes avant l’invitation à assister à l’audience disciplinaire
    Aux termes de l’article 57, paragraphe 1, du décret no 93/035 du 19 janvier 1993 relatif au statut spécial du personnel de l’enseignement supérieur, modifié par le décret no 2000/048 du 15 mars 2000,

    «Le rapporteur enquête sur la question par tous les moyens appropriés à la manifestation de la vérité. Il entend le suspect sur un rapport. »

    Le paragraphe 57 (2) prévoit qu ‘ «à la fin de son enquête, il rédige un rapport détaillé qu’il transmet au président du conseil de discipline».

    C’est sur la base de ce rapport tel que prévu à l’article 57 (3) que le président du conseil de discipline fait tenir le conseil par convocation adressée aux membres de ce conseil, précisant le jour, l’heure et le lieu de la réunion.

    De même, « la nécessité de protéger le droit à la défense » est bien exprimée dans les instruments suivants;

    – Circulaire ministérielle n ° 17/0013 / MINESUP / SG / DAJ / CC du 17 octobre 2017 sur le respect des procédures disciplinaires dans les établissements publics d’enseignement supérieur au Cameroun;

    qui fait partie de la nouvelle gouvernance universitaire, à lire conjointement avec le décret n ° 93/027 du 19 janvier 1993 portant dispositions communes applicables aux universités tel que modifié par le décret n ° 05/342 du 10 septembre 2005;

    – Décret n ° 93/035 du 19 janvier 1993 relatif au statut spécial du personnel de l’enseignement supérieur tel que modifié par le décret n ° 2000/048 du 15 mars 2000.

    Il est fait référence à la circulaire ministérielle, sous le titre

    «LE CONSEIL DISCIPLINAIRE ET LA PROCÉDURE POUR LES ENSEIGNANTS. Après la section B; «Les exigences d’une procédure disciplinaire impliquant des enseignants» stipule que:

    «Il incombe principalement au Greffier, à l’occasion d’un conseil de discipline devant lequel un enseignant doit se présenter, d’enquêter sur l’affaire. En ce sens, il doit obligatoirement entendre le suspect sur la base d’un rapport [. . .].  »

    A l’issue de l’enquête, un rapport circonstanciel est transmis au président du conseil de discipline, afin de provoquer la tenue du conseil de discipline, par convocation adressée aux membres du conseil précisant le jour, l’heure et le lieu de la session.

    Dans ce cas, le suspect n’a jamais été invité aux fins d’une telle enquête préalable.

    La circulaire indique en outre que: «[l] e suspect est informé de la même manière que les documents du dossier sont tenus à sa disposition avec le rapporteur, pour consultation sur place et en toute confidentialité soit par lui-même, soit par son accusé».

    Le suspect n’a pas non plus été informé de ces informations.

    En outre, l’article 55, paragraphe 2, du décret no 93/035 du 19 janvier 1993 dispose que

    «La décision de traduire l’enseignant au Conseil de discipline lui est notifiée ainsi qu’à chaque membre du Conseil» et que

    «Il doit préciser la nature exacte des faits reprochés au suspect« et les sanctions à lui infliger ».

    La lettre susmentionnée m’invitant à une «audience disciplinaire» ne mentionne pas les sanctions que je pourrais encourir.

    Par ailleurs, l’article 56 (2) stipule que «l’enseignant impliqué a la possibilité de se défendre ou d’être assisté par un défenseur de son choix».

    La citation à comparaître n’informe pas le suspect de ce fait.

    Signification d’une «Lettre d’invitation à une audience disciplinaire»
    Comme indiqué précédemment, la lettre m’invitant à «l’audience disciplinaire» a été signifiée le 5 mai 2020 à 12 h 08. La circulaire ministérielle de 2017, supra, stipule que:

    «La procédure disciplinaire d’un enseignant étant essentiellement contradictoire, le suspect doit être convoqué par écrit, au moins cinq (05) jours avant la tenue du Conseil.»

    L’invitation ne répond pas à l’exigence minimale de cinq jours de préavis. L’utilisation du DOIT obligatoire dans la circulaire et non du MAI facultatif est une commande impérative et une obligation légale qui doit être respectée. Cela montre l’importance de la nécessité de laisser suffisamment de temps au suspect pour préparer sa défense. Comment rendre justice et être perçue comme telle lorsque le suspect a été notifié moins de 24 heures après l’audience. À quelle heure le suspect devra-t-il se préparer contre les «très graves allégations» contre lui?

    La circulaire prévoit également que:

    «L’enseignant convoqué devant un conseil de discipline a le droit de se défendre, oralement ou par écrit, et peut également être assisté par l’un de ses pairs ou par tout autre défenseur de son choix.»

    Ce fait n’était pas non plus indiqué dans la lettre d’invitation à l’audience. »

    Il s’ensuit que la lettre m’invitant à comparaître devant un «panel disciplinaire» méconnaît les instruments pertinents et viole mes droits en tant que professeur à l’Université de Buea. Cela viole également mes droits humains fondamentaux pour un procès équitable.

    En tant que défenseur de la justice et du respect de l’État de droit, si je devais honorer ladite invitation, qui constitue une violation manifeste et flagrante de la loi, cela reviendrait à créer le mauvais précédent qui nuira et aura un impact négatif sur les enseignants qui à l’avenir, nous pourrions être invités, sans aucun égard pour la régularité de la procédure, à comparaître devant le panel disciplinaire et la crédibilité à long terme de nos établissements universitaires.

    Par conséquent, pour éviter la propagation des injustices décrites ci-dessus, je n’assisterai pas au calendrier d’audience disciplinaire du 6 mai 2020, à 10 h 00. à la salle de conférence du bloc administratif central.

    Cher Monsieur, veuillez noter que je reste prédisposé à me défendre, oralement ou par écrit, devant tout panel disciplinaire compétent lorsque les dispositions des instruments pertinents auront été respectées.

    Par la présente, je transmets ce mémorandum de comparution sous protêt pour servir les fins qu’il mérite.

    Cordialement,

    Nkongho Felix Agbor

    cc:

    Président de la République

    Premier ministre, chef du gouvernement

    Ministre de l’enseignement supérieur


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