Barbara Cassin, une mère, des samouraïs et la djihadosphère : nos conseils de lecture

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Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » propose dans « La Matinale » une sélection de ses coups de cœur.

Comment se raconter ? L’académicienne Barbara Cassin opte pour l’« autobiographie philosophique » et fait merveille avec Le Bonheur, sa dent douce à la mort (Fayard), quand l’Israélien Eshkol Nevo imagine un écrivain qui lui ressemble beaucoup et qui se livre, avec drôlerie et profondeur, au cours d’une Dernière Interview (Gallimard). C’est l’histoire de sa mère que retrace l’Américaine Tiffany McDaniel dans l’admirable Betty (Gallmeister). Ann Scott, elle, plonge dans la « djihadosphère » pour le roman La Grâce et les Ténèbres (Calmann-Lévy), quand l’historien Olivier Ansart déconstruit le mythe japonais de la « voie du guerrier ».

Ce qui captive, dans ce volume de souvenirs à la fois tendre et intrépide, c’est moins le fond que le ton. Un certain rythme de joie. Que la philosophe évoque sa rencontre avec Heidegger ou les baisers de René Char, qu’elle raconte sa découverte du grec ou l’aventure collective du Vocabulaire européen des philosophies (Seuil/Le Robert, 2004, réédition 2019), qu’elle témoigne de son expérience auprès d’adolescents psychotiques ou au sein de la commission vérité et réconciliation, en Afrique du Sud…, chaque fois, elle célèbre la capacité du discours à construire le réel, à remettre du jeu dans nos existences. Confiance éperdue non dans « la Vérité vraie » (très peu pour elle), mais dans les enchantements du langage.

Ce récit merveilleusement littéraire, bien plus que maints romans de la rentrée, se pointe toujours là où on ne l’attend pas, créant des écarts au bord de la langue. Ou des langues, plutôt, car chez Barbara Cassin il y en a forcément plus d’une. La sienne, bien sûr. Et puis l’autre, maternelle, inespérée, celle qui depuis toujours nous court après. Jean Birnbaum

Le roman de l’Américaine Tiffany McDaniel porte le prénom de sa mère, dont elle narre l’histoire à la première personne. Soit le passage de l’enfance à l’âge adulte d’une métisse cherokee dans un bled de l’Ohio au mitan du XXe siècle.

Betty s’apparente à un personnage gigogne, comme on dit des poupées russes. Elle conserve la mémoire d’autres figures au sein d’une famille d’abord nombreuse – huit enfants –, rabotée par les deuils. Pour autant, le livre n’a rien de documentaire dans l’écriture. Breathed est une bourgade imaginaire. Aux membres de sa lignée l’écrivaine l’autrice a ajouté des personnages fictifs et, au corpus des mythes amérindiens, des légendes de son cru.

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SOURCE: https://www.w24news.com/news/barbara-cassin-une-mere-des-samourais-et-la-djihadosphere-nos-conseils-de-lecture/?remotepost=283823

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