Bridgestone a annoncé la fermeture de son usine de Béthune à ses 863 salariés dans une vidéo

0
0

Le japonais Bridgestone a annoncé mercredi 16 septembre dans une vidéo la fermeture à l’horizon 2021 de son usine de Béthune (Pas-de-Calais) qui emploie 863 personnes dans la fabrication de pneumatiques pour voitures. Une « trahison » pour le gouvernement et le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand.

« Des problèmes de marché structurels nous amènent à prendre des mesures structurelles pour préserver la viabilité des opérations de l’entreprise », a déclaré Laurent Dartoux, président et directeur général de Bridgestone Europe Afrique et Moyen-Orient.

Invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts, le groupe assure vouloir limiter au maximum le nombre de licenciements grâce à des mesures de préretraite, de reclassement interne ou externe des salariés et la recherche d’un repreneur pour le site.

Bridgestone a informé les salariés qu’il envisageait « la cessation totale et définitive de l’activité de l’usine » lors d’une réunion extraordinaire du comité social et économique dans la matinée. La fermeture pourrait intervenir à partir du « deuxième trimestre 2021 ».

Le gouvernement et Xavier Bertrand ont dénoncé de concert « la brutalité » de l’annonce. Dans un communiqué commun, fait rare, « ils en contestent » aussi « la pertinence et les fondements » et « demandent à l’entreprise que soient ouverts et analysés en détail l’ensemble des scénarios alternatifs » à cette fermeture.

A l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé « une trahison de la confiance » placée dans Bridgestone, qui doit « assumer ses responsabilités plutôt que de chercher des prétextes ».

Arrivé sur place à la mi-journée, Xavier Bertrand a laissé éclater sa colère : « On a affaire à des menteurs, des cyniques. Ce plan est inacceptable. » Bridgestone a « dit non à toutes les propositions qu’on lui a faites, c’est quelque chose qu’ils avaient en tête depuis longtemps », a-t-il accusé avant d’ajouter : « Notre rôle n’est pas seulement d’être en colère » mais « de trouver des solutions ».

La fermeture du site #Bridgestone de #Béthune est inacceptable. Avec @AgnesRunacher et @Elisabeth_Borne, nous en co… https://t.co/jGlMql0FHm

« C’est inadmissible. Le prétexte de la crise sanitaire est inacceptable », a de son côté réagi Ségolène Royal, ex-candidate PS à la présidentielle.

C’est inadmissible. Le prétexte de la crise sanitaire est inacceptable. Si la règle était le remboursement obligato… https://t.co/qs2H8bn3OF

« L’Etat doit prendre la main et entrer au capital ! […] Une exigence doit être posée de toute urgence : les milliards d’argent public du plan de relance doivent être consacrés au maintien de l’emploi et en aucun cas à sa destruction », a ajouté Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

Devant l’usine située dans la vaste zone industrielle en périphérie de cette ville du Bassin minier, c’est la douche froide. « On pensait à une réorganisation mais pas à une fermeture », a lâché Christophe Bouttmy, délégué syndical SUD, après la tenue du CSE.

Stéphane Rumeau (FO) en a la chair de poule. « J’ai passé 27 ans ici, je suis entré comme intérimaire […] Ça fait l’effet d’une bombe […]. Ils ont fait venir tout le monde à la cantine pour l’annoncer avec une vidéo. Et il faut retourner travailler après ça ! » Un assembleur, salarié depuis treize ans, soupire derrière son masque : « Dans la région, le travail ne court pas les rues… »

Cette annonce intervient un an après la décision du concurrent français Michelin de fermer son usine de La Roche-sur-Yon (619 emplois). C’est aussi un nouveau gros coup dur pour les Hauts-de-France, déjà fortement éprouvés par la fermeture de deux importants sites de fabrication de pneus : Continental dans l’Oise (683 salariés en 2010) et Goodyear à Amiens-Nord (1 143 salariés en 2014).

Le marché automobile européen a chuté de près de 40 % au premier semestre et devrait rester en baisse de 25 % sur 2020, frappé par les conséquences de la pandémie de Covid-19.


SOURCE: https://www.w24news.com

Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

Votre point de vue compte, donnez votre avis

Téléchargez notre application Android