La campagne électorale sans le Mrc est comme une soupe qui a perdu sa saveur

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    Le fait pour le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) d’avoir décidé de boycotter les élections municipales et législatives du 09 février prochain, a fait en sorte que la campagne électorale que mènent actuellement les autres partis politiques en lice, est comme une soupe qui a perdu sa saveur.
    Nul ne pouvait l’imaginer ! Même au sein de sa famille politique, plusieurs de ses membres ne pouvaient penser que le Pr Maurice Kamto pouvait prendre une pareille décision : boycotter les élections municipales et législatives de dimanche prochain. Non seulement parce que plusieurs militants du Mrc constituaient leur dossier pour candidater dans les mairies et à l’Assemblée nationale, mais surtout parce que lors d’une réunion tenue avec les femmes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun au siège de leur parti à Yaoundé, Maurice Kamto avait déclaré ouvertement que dans l’histoire des élections, la politique de la chaise vide n’avait jamais payé.

    En le disant il n’avait pas tort parce que le Social democratic front (Sdf) en sait quelque chose et a payé le lourd tribut en perdant sa place de leader de l’opposition (qu’il n’a toujours pas réussi à retrouver jusqu’à présent) après avoir boycotté les élections municipales et législatives d’avril 1992. Il était donc difficile voire impossible de penser que le Mrc pouvait aussi prendre le risque de mettre en jeu son titre de leader de l’opposition qu’il a obtenu à l’issue des élections présidentielles du 07 octobre 2018 puisque celui qui représentait ce parti, le Pr Maurice Kamto, en est sorti 2e avec 14,23% devant Cabrai Libii qui a enregistré 6,28% et derrière Paul Biya qui a obtenu 71,28%.

    Côte de popularité
    Le contentieux postélectoral qui s’en est suivi et au cours duquel le Mrc revendiquait leur victoire que le Conseil constitutionnel a jugé non fondé, a, d’une manière ou d’une autre, augmenté de façon surprenante la côte de popularité non seulement du Mrc et son directoire, mais davantage celle de son leader. Les sujets qui alimentaient toutes les chaumières avaient un lien direct avec le Mrc et/ou son président national.

    Au point d’en devenir la pire crainte du régime de Yaoundé qui a décidé de ne plus laisser le libre aller aux militants de ce parti politique en interdisant de façon automatique tout leur meeting avec pour motif ’: trouble à l’ordre public. L’envie effrénée que nourrissaient les membres du Mrc pour conquérir le pouvoir ne pouvait donc pas laisser penser un seul instant que ce parti leader de l’opposition pouvait briller par son absence lors des élections législatives et municipales.

    Mais à la grande surprise de tous, le Pr Maurice Kamto a annoncé le 25 novembre dernier au cours d’un point de presse que le Mrc ne prendra finalement plus part à ces élections. Devenu un sujet de longue haleine, c’est chacun qui refusait de croire que les élections vont se tenir sans le Mrc. Même les acteurs politiques du parti au pouvoir, Rdpc, n’ont pas manqué d’afficher leur tristesse face à cette décision que beaucoup ont aussi condamné en soulignant que le Pr agrégé en droit public venait de déclarer sa mort politique et donc, celle de son parti.

    Meeting de « remerciements »
    Seulement, la réalité est toute autre sur le terrain. Malgré le fait que le Mrc ne soit plus en lice pour les législatives et les municipales, il continue.à faire bouger l’actualité politique camerounaise. La preuve, la tournée du Pr Maurice Kamto en occident et au cours duquel lors de son séjour aux Etats-unis d’Amérique, il a rencontré plusieurs hautes personnalités de ce pays à l’instar de Tibor Nagy, le sous-secrétaire d’Etat américain en charge des affaires africaines, a fait sortir plusieurs caciques du pouvoir à l’instar de Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministre de la Justice.

    Ce dernier rappelait alors à son adversaire politique que ce n’est pas avec les photos qu’on développe un pays et qu’il était préférable pour lui de rentrer travailler dans son pays pour concourir à son développement. Bien plus, alors que les partis politiques étaient en campagne depuis le 25 janvier dernier pour finir le 08 février à 23h59, ils ont tous marqué un temps d’arrêt le 1er février 2020 pour vivre en direct le giga meeting de « remerciements » du Mrc à la place de la République à Paris en France. Et au cours de ce meeting, le candidat malheureux des élections présidentielles du 07 octobre 2018 a réaffirmé son boycott des élections à cause d’entre autres, la crise anglophone qui n’est pas encore résolue et le code électoral qui n’a pas encore connu une refonte consensuelle.

    Le fait pour les camerounais de la diaspora d’avoir massivement plébiscité sa décision de boycott et l’appel par lui fait, pour inviter les camerounais à boycotter ces élections, laisse planer quelques inquiétudes sur le taux de participation à ce double scrutin. Les appels au boycott ne cessent de fuser de toute part que ce soit sur la toile ou dans les chaumières. Au lendemain du meeting du Mrc à Paris par exemple, Me Alice Kom a fait une sortie sur sa page officielle pour inviter les camerounais à soutenir massivement Maurice et à boycotter les élections couplées de dimanche prochain. Tout ceci sans oublier le fait que la campagne électorale est morose. Elle a perdu toute sensation d’effervescence et d’adrénaline.

    “Je vis dans l’arrondissement de Yaoundé 1er , notamment au quartier Etoa-meki. Depuis que les élections ont commencé, je ne connais même pas qui est candidat à la mairie. Alors que pendant les récentes élections présidentielles, il y avait du mouvement partout. Mais la campagne électorale est quasi absente. Donc je ne sais même pas qui est ce que je vais voter dimanche puisque je ne connais personne. Par conséquent, je resterai chez moi ce jour”, a souligné Olivier Nkoung, étudiant en droit à l’Université de Yaoundé II. Pour sa part, Brice Elomo, politologue, donne les raisons de cette situation.

    « Quand on est sorti des élections contestées des élections présidentielles, tout le monde y compris le parti au pouvoir, avait hâte d’affronter le Mrc aux municipales et aux législatives. Mais quand Maurice Kamto a décidé de boycotter, ça a refroidi tout le monde même le Rdpc. La preuve, il y a certains arrondissements où le Rdpc n’a pas d’adversaire. Donc c’est normal que la campagne soit insipide ». Comme quoi, cela aurait peut-être eu une autre ampleur si le Mrc prenait part à ce double scrutin.


    SOURCE : https://www.w24news.com/la-campagne-electorale-sans-le-mrc-est-comme-une-soupe-qui-a-perdu-sa-saveur/?remotepost=35796

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