L’affaire Apple/Fortnite en cinq grandes questions

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    Le conflit de géants qui oppose Apple à Epic Games depuis quelques semaines a pris des proportions énormes en peu de temps. Nous essayons d’y voir plus clair dans ce feuilleton de l’été aux enjeux majeurs.

    Cela n’aura pas échappé aux attentifs observateurs du monde numérique : Apple et Epic Games sont pris dans un débat juridique d’ampleur depuis quelques semaines. Le studio qui édite l’immensément populaire jeu Fortnite a vu son titre vedette bouté hors de l’App Store depuis la mi-août. Au cœur de cette passe d’armes, l’ajout d’une option de paiement maison dans Fortnite, une pratique formellement interdite par Apple. Mais au fil du temps, l’affaire a pris de l’ampleur et c’est aujourd’hui tout le modèle de Cupertino dans le milieu de la distribution d’apps mobiles qui est remis en cause. On vous explique tout.

    Tout commence au cœur de l’été, le 13 août, quand Fortnite, jeu qui cumule plus d’une centaine de millions de téléchargements sur iOS, est soudainement retiré de la boutique applicative d’Apple dédiée à ses terminaux mobiles (et au même moment du Google Play Store, nous y reviendrons plus loin). Véritable séisme dans le milieu du jeu mobile, cette décision d’Apple à l’encontre d’Epic Games suit la décision de ce dernier d’implémenter dans son titre une option de paiement propriétaire lui permettant d’accaparer tous les bénéfices. Passablement agacé par la commission de 30 % que prélève Apple sur tous les achats in-app (soit au sein d’une application distribuée via l’App Store), Epic Games a bien violé les règles qui interdisent aux développeurs de proposer une solution de paiement autre que celle passant par Apple.

    Pratique presque aussi ancienne que l’App Store, cette politique rapporte gros à la firme fruitée, dont le magasin d’applications affiche des revenus faramineux chaque année. Unique magasin applicatif autorisé sur la plateforme iOS, l’App Store exerce de fait un monopole sur la distribution. Un monopole maintes fois remis en question, avant même l’affaire Fortnite, puisque Spotify se plaignait déjà en 2019 de la “taxe Apple” de 30 %.

    Mais c’est bel et bien l’affaire Fortnite qui a donné une autre dimension à cette situation, car le jeu rassemble des millions de personnes sur toutes les plateformes. De même, elle n’est pas vraiment une surprise pour Tim Sweeney, le PDG d’Epic Games, qui était rentré en contact avec Apple début juin pour tenter de le faire plier sur sa règle des 30 %. “Nous persévérerons dans cette affaire, comme nous l’avons fait par le passé pour remédier à d’autres injustices dans notre secteur”, expliquait-il dans un email en réponse à celui d’Apple, inflexible, qui rappelait que les règles sont les mêmes pour tout le monde et qu’elles ne changeront pas.

    Couper l’accès de Fortnite au Play Store et à l’App Store réduit considérablement la capacité d’Epic Games à recruter de nouveaux clients. Ne pas exister sur les magasins d’applications des deux géants, c’est en effet être placé mécaniquement en marge de l’écosystème mobile. Cela dit, il est toujours possible d’installer Fortnite sur Android puisque la plateforme de Google autorise l’installation d’apps depuis des sources tierces. La polémique s’est donc cristallisée autour d’iOS, un système sur lequel il est très compliqué, voire impossible, d’installer des programmes extérieurs à l’App Store.

    Fortnite, un jeu d’action et de combat multijoueur gratuit dans lequel jusqu’à cent joueurs s’affrontent simultanément.

    Cela ne veut pas dire pour autant que le titre va disparaître des smartphones en circulation. Il est toujours possible de jouer à Fortnite sur iOS et Android s’il a été installé avant le début des hostilités. Le jeu fonctionne parfaitement, mais Epic Games n’est plus en mesure de proposer des mises à jour. Ainsi, sa toute nouvelle version n’est pas accessible sur iOS et macOS, tandis que les utilisateurs de ces plateformes sont privés de cross-play (possibilité de jouer contre des adversaires sur d’autres plateformes).

    Epic Games n’est pas seulement le studio à l’origine de Fortnite. L’entreprise édite également l’Unreal Engine, un moteur de rendu très utilisé dans le monde vidéoludique. De nombreux studios utilisent les outils mis à disposition par Epic pour développer leurs jeux. Au hasard, Microsoft le met à profit pour son titre Forza sur mobile.

    Refuser à Epic l’accès au SDK d’Apple et à d’autres outils de développement désavantagera considérablement les créateurs de jeux qui ont construit, construisent et pourraient construire des jeux sur cet outil.

    Sauf que dans sa croisade contre Fortnite, Apple a coupé les accès développeurs d’Epic Games et empêche donc l’entreprise de maintenir son outil à jour. Une sentence de mort virtuelle pour l’Unreal Engine, pourtant utilisé par de nombreuses firmes extérieures au conflit. Le risque de créer des victimes collatérales est donc grand.

    Heureusement pour la plupart de ces développeurs tiers, lors d’un premier passage devant les tribunaux, une juge a déclaré que le bannissement de l’Unreal Engine de la plateforme mobile d’Apple n’avait pas de fondement. Pour le moment, et jusqu’à une décision judiciaire définitive, le sort du moteur est en suspens.

    Le studio de développement savait donc que son acte de rébellion lui coûterait cher et ne semble pas vouloir s’incliner devant le fabricant d’iPhone. Dans un email, Tim Sweeney affirme qu’Epic “entrera en conflit avec Apple sur une multitude de fronts […] aussi longtemps qu’il faudra, des années si nécessaire, afin de faire changer les choses”.

    Epic Games a-t-il une chance de gagner ce combat de géants ? Les premiers signes ne sont pas bons. Comme l’a relevé Bloomberg, la juge assignée à l’affaire avait tranché en faveur d’Apple dans un procès similaire en 2013. À l’époque, c’est une action de groupe qui avait tenté de déstabiliser Apple. La popularité d’Epic Games pourrait-elle suffire à rebattre les cartes ? Ce n’est pas exclu.

    Machine à cash d’Apple, l’App Store est plus que jamais sous le feu des critiques. Aux États-Unis comme en Europe, le magasin d’applications…

    En effet, le studio a les reins — et les poches —suffisamment solides pour partir en guerre contre Apple. Idem, des millions de joueurs de Fortnite pourraient le suivre. Les pratiques d’Apple sont largement remises en question ces derniers temps. Le mastodonte de Cupertino est en effet déjà empêtré dans une affaire juridique portant sur le même sujet, des développeurs de poids ont pesté récemment contre le contrôle qu’exerce la Pomme sur son magasin d’apps. Et pour ne rien arranger, les regards de l’Union européenne et de la justice étasunienne sont braqués sur elle, prise dans le climat de défiance généralisée envers les géants du net.

    Difficile à dire. Aucune date pour le procès n’est encore arrêtée pour le moment, et une affaire de cette ampleur pourrait tarder de nombreux mois avant d’être résolue. Une première étape, durant laquelle Epic et Apple pourront présenter leurs arguments, aura lieu le 28 septembre prochain. Le procès en bonne et due forme pourrait bien ne pas avoir lieu avant 2021. Joints par The Verge, les avocats d’Epic et d’Apple évoquent un affrontement juridique dans les six à dix mois à venir.

    En attendant, aucune des deux entreprises ne connaît de trêve. Au-delà de l’aspect judiciaire, chacune sait qu’il est important de paraître vertueux devant l’opinion publique. Phil Schiller, le vice-président marketing d’Apple, explique que changer les règles sur l’App Store pourrait “mettre en danger tout le modèle économique” de la boutique applicative. De son côté, Epic Games organise des événements virtuels anti-Apple et a même publié une vidéo parodiant le cultissime spot de pub 1984 de la marque.

    Ah la presse : Fortnite fraude et se fait prendre par la patrouille, et l’auteur essaye de faire croire qu’il est victime du système Apple.
    Apple n’est pas responsable si Fortnite a fraudé .
    Apple n’a pas obligé Fortnite a lancé son application.
    La commission d’Apple n’est pas que pour Fortnite, et si on compare le nombre de téléchargement de l’application face aux nombre de téléchargement sur chacun des Stores : Fortnite représenterait quoi au final ?

    Le parti pris de l’auteur contre Apple fausse totalement le dossier : il ne fait que tenir compte d’élément a charge contre Apple et en oubliant/minimisant tout contre Epic/Fornite.
    Ou sont les résultats des autres Stores ? Ou sont les comptes rendus des juges récemment sans tenir compte que d’une partie ?

    Je rejoins ce qui a été énoncé : ce parti pris involontaire (à ne pas en douter) déforme la réalité des faits dans leur essence et leur chronologie.
    C’est le jeu d’Epic d’utiliser une effervescence populaire ne comprenant rien aux tenants et aboutissants de l’affaire … qui n’a pas vraiment décollé. Les médias y ont été nettement plus sensibles.
    Epic multiplie les provocations et part en croisade contre Apple qui elle, n’est pas en guerre !
    Apple envoie, ou plutôt envoyait, des signaux favorables à un apaisement.
    Et la justice n’est pas passée à côté : Epic ne se bat, ni pour sa survie, ni pour les « petits » gravitant autour d’elle mais pour ses intérêts mercantiles.
    En revanche, je dois reconnaître que, niveau communication, ils ont hyper bien joué leur coup, c’est propre, on y voit que du feu.



    SOURCE: https://www.w24news.com

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