Le maire de Seine-et-Marne frappé par un habitant a une côte cassée

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    Plusieurs coups de poing portés au maire de Chalifert Laurent Simon (SE) et une main serrée sur la gorge d’un conseiller municipal, Julien Théodore. Lundi soir, vers 19h30, un habitant de la commune s’en est violemment pris à ces deux élus en bas de la rue Charles Vaillant. Il a été interpellé mardi matin et placé en garde à vue au commissariat de Chessy.

    De son côté, Laurent Simon a une côté cassée et une légère éraflure au niveau de l’arcade sourcilière gauche. « Je ne sais pas encore combien de jours d’ITT je vais avoir. Mais une côte cassée, ça peut mettre des semaines à se soigner. On vit une époque formidable… On peut taper sur le maire comme ça », souffle ce mardi après-midi le premier édile, avant de prendre la direction du commissariat, pour être à nouveau entendu par les enquêteurs. Lundi soir, il a déposé plainte, de même que son conseiller municipal.

    « Depuis quelques temps, il y a des querelles de voisinage sur une partie de la rue Charles-Vaillant. Un administré ne supporte pas que les voisins se garent devant chez lui. Etant donné les soucis de circulation sur cet axe, je tolère le stationnement sur le trottoir et il pense donc que je suis responsable de ses problèmes », rembobine Laurent Simon.

    Il y a quinze jours, l’administré en question a même fait poser des rochers devant chez lui afin d’empêcher les autres de se stationner là. « J’ai déposé plainte pour occupation illégale du domaine public et une mise en demeure afin de faire enlever ces pierres », ajoute Laurent Simon. Ces rochers, au nombre de sept, étaient toujours sur place mardi après-midi.

    Lundi soir, le maire est dans sa voiture pour rentrer chez lui, non loin du lieu des faits, quand il voit l’habitant en question et son épouse le doubler. « Elle était au volant et elle a mis sa voiture en travers pour me bloquer. Lui est descendu et a tapé sur mon véhicule. Il m’a dit que c’était de ma faute si dimanche soir, sa voiture a brûlé dans son jardin, explique Laurent Simon. Je lui ai dit qu’on allait discuter mais dès que je suis sorti de ma voiture, j’ai reçu un coup de poing au visage puis d’autres, notamment dans les côtes. »

    L’agression a été filmée. Les faits, d’une violence inouïe, sont indiscutables. « Il a bloqué Laurent sur la route, on aurait dit un rodéo. Le ton est monté, il y a eu les coups et quand j’ai vu ça, je suis venu pour calmer les esprits », précise Julien Théodore. « Mais le voisin a alors insulté ma femme et m’a saisi à la gorge. Avec Laurent Simon, nous ne l’avons pas frappé. Je n’ai rien de grave mais on ne doit pas en venir à cette violence pour une histoire de stationnement. Ce n’est pas possible. »

    L’homme faisait partie de la liste concurrente aux dernières élections municipales. « C’est dommage. Les rochers sont souvent source de conflit dans la rue. Le maire était bien amoché lundi soir », souffle une voisine. Une agression qui confirme une tendance bien malheureuse à travers le pays. Entre janvier et mi-août, 233 élus ont ainsi subi un acte de violences contre 198 à la même date en 2019, soit une hausse de 14 %.

    L’agression de Laurent Simon a fait réagir de nombreuses personnalités politiques sur Twitter, dont la présidente de la région Valérie Pécresse, le maire de Meaux Jean-François Copé ou encore le secrétaire national du PS Olivier Faure. Tous lui ont apporté leur soutien.

    Total soutien au maire de Chalifert violemment agressé par un des habitants de sa commune. L’engagement des maires les conduit à se confronter à des accès de violence de moins en moins contenue. Nous devons les protéger et leur donner les moyens d’agir. https://t.co/ivKG94Cex3

    « Nous sommes tous bouleversés par ce qu’il s’est passé. C’est un acte intolérable, scandaleux, qui ne mérite que l’opprobre et un traitement judiciaire à la hauteur. Toute agression est inacceptable par nature mais encore plus quand il s’agit d’un élu », réagit Guy Geoffroy, président de l’Union des maires de Seine-et-Marne.

    Celle-ci va se joindre à la plainte de Laurent Simon « afin de lui apporter notre soutien moral, logistique et judiciaire, avec notamment un avocat pour l’accompagner », poursuit celui qui a été lui-même victime de faits similaires par le passé.

    « Est-ce qu’il y a plus d’agressions ou est-ce que les élus hésitent moins à le faire savoir ? Je ne sais pas. On ne fait pas le décompte de ces actes mais ce qui est certain, c’est qu’on constate un manque des respect des institutions. Et les élus sont souvent en première ligne », ajoute Guy Geoffroy.

    « Le recours à la violence envers des élus exerçant leur mandat devient systématique et nous ne pouvons accepter que l’élu préféré des Français serve de punching-ball », enfonce Stéphane Beaudet, président de l’Association des maires d’Île-de-France (Amif), avant de demander « des sanctions exemplaires contre les agresseurs ».

    Il précise aussi qu’à la rentrée, l’Amif lancera « une enquête auprès des maires franciliens afin de recueillir davantage d’éléments permettant de prendre précisément la mesure du problème dans la région ».



    SOURCE: https://www.w24news.com

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