Lee Miller, les fêlures d’une icône

    0
    18

    S’aimer comme on se confine : « Il n’avait pas envie de venir et maintenant on va rompre »

    Le mannequin, photographe et reporter de guerre fait l’objet d’un documentaire qui met en lumière sa part d’ombre.

    Le monde entier connaît ses clichés, passés depuis longtemps à la postérité. De la couverture de Vogue aux horreurs de Dachau, du désert égyptien au Paris des surréalistes et à Londres sous les bombes, les photos de Lee Miller (1907-1977) traversent le XXe siècle comme des fulgurances en noir et blanc. La mode, les amours libres, la guerre, rien ne résiste à son talent.

    Mais si ce documentaire montre de nombreuses photos dont elle est l’autrice, son intérêt tient aussi aux zones d’ombre de l’icône. Aux fêlures douloureuses qui ont hanté cette femme splendide et puissante, tour à tour mannequin, photographe, reporter. Une jeune protestante élevée à Poughkeepsie, ville sans glamour, avant de filer à New York et d’y devenir mannequin pour Vogue à 20 ans. La suite ressemble à un tourbillon : de Paris au Caire, de Londres à Munich, seule ou accompagnée d’un de ses nombreux amants, Lee Miller a vécu une existence hors normes.

    Ce documentaire bénéficie de la participation de son fils, Anthony Penrose, interrogé face caméra. Il s’appuie en outre sur une interview filmée en 1985 dans laquelle l’ancien photographe de guerre David Schermann, avec lequel Lee Miller vécut et travailla au front en 1944 et 1945, de Saint-Malo sous les bombes au camp de Dachau, en passant par les combats d’Alsace, les ruines de Cologne et le célèbre séjour dans l’appartement privé d’Hitler à Munich. Ces deux documents permettent de dessiner une autre histoire.

    Celle d’une petite fille violée à 7 ans à Brooklyn par un ami de la famille. Celle du long, honteux et douloureux traitement administré par sa mère, infirmière, pour la guérir de la maladie contractée à la suite de ce drame. Celle d’une gamine photographiée souvent nue par son père, photographe amateur un peu trop envahissant.

    A cela s’ajoutent les quelques heures passées à photographier les horreurs de Dachau qui, selon son fils, n’ont cessé de la hanter. « Elle n’en parlait jamais. Après la guerre, ma mère a rangé sa vie dans des caisses et les a mises au grenier. » Alcoolique, dépressive, isolée dans la campagne anglaise avec son mari et son fils, Lee Miller se perd. « Elle a vécu six, sept, huit vies différentes. C’était une femme exaspérante et adorable, belle et laide », dit d’elle David Schermann. Une femme anticonformiste, artiste totale, fascinante. Jusque dans sa descente aux enfers.

    Lee Miller, mannequin et photographe de guerre, de Teresa Griffiths (RU, 2020, 59 min). Sur Arte.tv jusqu’au 27 novembre.

    Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

    En cliquant sur « Continuer à lire ici » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.



    SOURCE: https://www.w24news.com

    Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

    Laisser un commentaire

    Votre point de vue compte, donnez votre avis

    [maxbutton id= »1″]




    LEAVE A REPLY

    Please enter your comment!
    Please enter your name here