Les soirées étudiantes sont-elles de nouveaux nids à clusters ?

0
0

COVID-19 – “Les causes de contaminations se situent autour de comportements irresponsables”. Après la formation d’un cluster de 127 étudiants testés positifs à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Toulouse, le président de l’école d’ingénieurs Bertrand Raquet assène dans un communiqué publié lundi 14 septembre que “la contamination se fait beaucoup dans les centres-villes, sans respect des gestes barrières”. 

Alors qu’un protocole sanitaire strict (mise en place de cohortes bien définies limitant les brassages en enseignement, nettoyages renforcés, port du masque obligatoire en toutes circonstances) avait été déployé dans l’enceinte de l’établissement, la nouvelle jette un froid à l’INSA. Car, comme l’expliquait mardi 15 septembre, le président des étudiants de l’école de l’INSA à France bleu Occitanie, c’est bien “lors des soirées en dehors de l’école” que des débordements surviennent. Il faut dire que les soirées étudiantes ont beaucoup d’ingrédients explosifs pour devenir des nids à clusters.

En effet, la situation de l’INSA ne manque pas de rappeler celle de nombreuses universités en France où soirées étudiantes et week-ends d’intégration ont été à l’origine de clusters importants. La semaine dernière, 43 étudiants ont été testés positifs à Rennes, 99 à Science-Po Lille, 40 à Bordeaux, 60 à Montpellier, 23 à Reims, 45 à Strasbourg, 20 à Nice… Et à chaque fois, une soirée étudiante est à l’origine de la propagation du coronavirus. Par comparaison, la moyenne de cas déclarés par cluster d’après les données de Santé publique France s’élève à 12. 

”Dans tous les établissements, il y a des cas déclarés”, a déploré Gilles Roussel, à la tête de la Conférence de présidents d’université, au Monde lundi 14 septembre. Conséquence: nombre d’établissements ferment leurs portes, en concertation avec l’Agence régionale de santé (ARS) et les préfectures. Comme pour l’INSA de Toulouse, où les cours auront lieu à distance jusqu’au 30 septembre, à Science Po Reims, jusqu’au 19 septembre, ou à Lyon. Difficile d’avoir un panorama complet. Au total, 81 établissements et un peu plus de 2100 classes ont fermé, a indiqué le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer mercredi 16 septembre sur le plateau de LCI. Mais sans préciser la part des universités.

Si les chiffres sont encore faibles, au regard des quelque 2,7 millions d’étudiants sur tout le territoire, ils font néanmoins craindre aux autorités une explosion des cas chez les jeunes. D’autant que le retour des étudiants sur les bancs des facultés vient tout juste de débuter, et qu’il se poursuivra tout au long du mois de septembre. Par ailleurs, le taux de réussite au baccalauréat, de 95,7% cette année, participe largement à gonfler le nombre d’universitaires. D’après les dernières données de Santé publique France, 151 clusters liés à des événements publics ou privés (rassemblements temporaires de personnes) ont été identifiés entre le 9 mai et le 31 août. 

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a d’ailleurs montré son inquiétude quant aux soirées étudiantes dans un communiqué publié dimanche 13 septembre, appelant à la “responsabilité individuelle” de chacun. “Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirée étudiante, privatisation des bars…) associés à un relâchement des consignes sanitaires notamment des gestes barrières”, a-t-elle regretté. 

La difficulté à les contrôler, c’est bien le problème posé par ces soirées étudiantes. À ce sujet, le professeur Didier Gosset, délégué aux affaires sanitaires à l’université de Lille soulignait dans Le Monde que, loin des amphithéâtres et des mesures sanitaires, les étudiants risquent d’organiser des “soirées d’intégration sauvages” virant au cluster. 

Et ces soirées ont tous les ingrédients pour que le coronavirus gâche la fête. On sait en effet que le Sars-Cov2 se propage avant tout via les gouttelettes propulsées par le nez et la bouche d’une personne contaminée. La promiscuité des étudiants lors des soirées étudiantes favorise la contamination. Mais on sait également que le virus peut se propager dans l’air ambiant. Un lieu clos et mal ventilé est donc le parfait vecteur pour un épisode de super-contamination, entraînant la création d’un important cluster. Pour y faire face, le port du masque a prouvé son efficacité. Mais celui-ci est souvent aléatoire. Surtout dans un endroit où le but est de manger, boire, discuter, chanter et danser entre amis.

D’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les plus grands risques face au Covid-19 peuvent se réunir en “Trois C”, à savoir, les endroits bondés (crowded places), les contacts rapprochés (close contact settings) et les zones closes et confinées (confined and enclosed spaces), avec une faible ventilation. Et malheureusement, les soirées étudiantes cochent sur le papier toutes les cases.

Tous les matins, recevez gratuitement la newsletter du HuffPost

Pour suivre les dernières actualités en direct sur Le HuffPost, cliquez ici

Retrouvez-nous sur notre page Facebook

Abonnez-vous à notre chaîne YouTube

Avec la newsletter quotidienne du HuffPost, recevez par email les infos les plus importantes et les meilleurs articles du jour.
En savoir plus


SOURCE: https://www.w24news.com

Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

Votre point de vue compte, donnez votre avis

Téléchargez notre application Android