Les tests bientôt rationnés au Royaume-Uni, en France des professionnels alertent

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CORONAVIRUS – Comment tester efficacement? Si la question monte en France, elle concerne aussi nos voisins européens à l’instar du Royaume-Uni. Outre-manche, Matt Hancock, le ministre de la Santé a reconnu ce mardi 15 septembre que “la pandémie grandissante” présentait de nouveaux “défis opérationnels”.

Depuis plusieurs jours, les critiques montent de toutes parts à l’égard du gouvernement de Boris Johnson et de sa stratégie de dépistage. Ce week-end, le parti travailliste a assuré qu’il n’y avait aucun test disponible dans les zones du pays où le virus circule le plus, accusant l’exécutif d’avoir “perdu le contrôle du Covid-19”. Dido Harding, a la tête du département du NHS en charge du dépistage et du traçage, a elle-même reconnu la pénurie de tests, s’excusant auprès des Britanniques alors que certains ont été envoyés se faire tester à des centaines de kilomètres de leur domicile. Selon un document relayé par le Guardian, même les laboratoires privés rencontrent des difficultés à traiter tous les échantillons reçus. 

Selon les chiffres du gouvernement, près de 220.000 échantillons sont transmis pour analysé chaque jour. L’objectif est d’atteindre les 500.000 d’ici la fin du mois d’octobre.

Interrogé ce mardi 15 septembre à la Chambre des Communes, Matt Hancock a fermement démenti les accusations travaillistes sur l’absence de tests dans certaines zones mais a promis que la situation pourrait être réglée en quelques semaines. Il a par ailleurs promis la mise en place d’un nouveau système au sein duquel les patients ayant d’importants besoins médicaux et les personnes placées en maison de retraite seraient désormais prioritaires. “Tout au long de cette pandémie, nous avons priorisé les tests en fonction des besoins. Au cours de l’été, lorsque la demande était faible, nous avons pu répondre à toutes les exigences de test, qu’elles soient prioritaires ou non. Mais à mesure que la demande a augmenté, nous devons à nouveau établir des priorités et je ne me dérobe pas aux décisions concernant la priorisation”, a répondu ce lundi Matt Hancock aux députés. 

Pour John Bell, professeur de médecine à l’Université d’Oxford, et conseiller de l’exécutif britannique, ce dernier a sous-estimé la reprise épidémique et les besoins en dépistage. “Je pense que ce qui ne va pas, c’est la deuxième vague”, a-t-il déploré sur BBC Radio 4.

Ces propos font écho à la situation que certains professionnels de la santé et du dépistage observent en France.

Enfant petite section symptomatique avec classe fermée… impossible d’avoir une PCR covid, délai trop long (4h) en sans rendez-vous et pas avant octobre ailleurs… la mère a abandonné.

Je viens de faire un test PCR pour un déplacement prévu demain. Les réactifs rapide étant en rupture, les résultats ne sont disponibles qu’en 3 à 5 jours. Puisque tous les pays exigent un test de moins de 72h, aucun déplacement n’est désormais possible. Sympa pour les pros !

Sur LCI, Lionel Barrand, président du Syndicat national des jeunes biologistes, évoque “un château de cartes” prêt à s’écrouler et ne croit pas que les récentes annonces du Premier ministre auront des effets sur la saturation dans les laboratoires. Le biologiste impute cette situation à une stratégie de dépistage trop ambitieuse et pas assez ciblée alors que Jean Castex a annoncé un renforcement des tests pour les personnes prioritaires, que sont en France, les patients symptomatiques, les soignants, et les cas contacts.

Une priorisation avec des critères pas assez objectifs pour Lionel Barraud qui estime que les annonces du Premier ministre n’auront pas d’effet sur la saturation des laboratoires. “Les laboratoires essaient déjà de prioriser. C’était envisageable lorsque la France pratiquait 300.000 tests par semaine. À un million, c’est désormais très compliqué, nous sommes au maximum de nos capacités”, déplore Lionel Barrand en évoquant les pénuries de réactifs et un personnel à bout. Selon lui, “il vaudrait mieux faire 500.000 tests aux bonnes personnes”. 

Certains ont une opinion moins tranchée. Sur Europe 1, François Blanchecotte, le président du syndicat des biologistes, s’est dit lui plutôt satisfait des annonces de Jean Castex, estimant que cela allait permettre séparer les flux en fonction de l’urgence. 

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SOURCE: https://www.w24news.com

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