Richard Bona : ‘vous croyez qu’à l’époque d’Ahidjo tu pouvais parler comme je parle aujourd’hui ? ‘

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    L’artiste justifie le mutisme des Camerounais d’un certain âge mais exige en revanche des plus jeunes, qu’ils dénoncent les travers de la gouvernance dans leur pays.

    Richard Bona dit pourquoi il parle de plus en plus souvent sur les réseaux sociaux. L’artiste d’origine camerounaise installé aux Etats-Unis l’a fait le 15 Avril 2020 dans un direct Facebook. Le bassiste a expliqué qu’ «à un moment quand on est bousculé dans ses retranchements on répond».

    Richard Bona déclare qu’étant fatigué de recevoir des coups, il a décidé de riposter. «C’est ce qui arrive aujourd’hui. Les gens disent: «mais oui tu ne parlais jamais, tu ne répondais jamais aux gens». Je dis: «mais oui c’est du tac au tac. Parce qu’un jour j’en ai eu marre et j’ai dit: «vous savez quoi ? Répondre, je ne sais que faire ça ! Je vous ai déjà dit que je suis la réincarnation de la «malbouche». J’allais souvent signer les autographes. Les gens qui me reprochaient souvent aux concerts, en général les Africains, de ne jamais me voir dans les réseaux sociaux, je vais leur dire que même mon management me l’a reproché. Il m’a reproché de ne pas être très sociable. C’est vrai que ce n’était pas mon truc. Et maintenant que je suis dans les réseaux sociaux ça c’est mon douzième live. Les même gens te reprochent aujourd’hui d’être dans les réseaux sociaux», a fait savoir Richard Bona.

    L’artiste déplore le silence d’autres stars africaines sur la situation de leur pays. A l’instar du défunt saxophoniste camerounais Manu Dibango que Bona dit cependant comprendre. «Manu Dibango, rest in peace, est né la même année que mon père. Les deux maintenant sont partis. Et comme je le comprenais tellement … Pourtant je n’étais pas d’accord avec certaines choses. Lui et moi on en parlait. On peut ne pas être d’accord et être d’accord, vous voyez ce que je veux dire. Je suis le premier à aller, pour Manu et tout mais je n’étais pas d’accord sur certains points lorsque je lui dis : «vraiment il faudrait qu’il dise quelque chose sur le NOSO et tout»…Mais je comprends cette génération aussi. C’est la génération de nos parents. Vous croyez qu’à l’époque d’Ahidjo tu pouvais parler comme je parle aujourd’hui ? Entre nous…Si vous êtes sincère avec vous-mêmes… Donc je peux comprendre les gens d’une certaine génération, mais les jeunes non. Je ne comprendrais jamais votre silence abrutissant», avertit Richard Bona qui ajoute : « j’ai eu une chance inouie. Je me suis réveillé. Je me suis réveillé du coma. Un jour Je me suis dit: »non si je reste ici, je peux devenir un terroriste».


    SOURCE: https://bit.ly/2VFi7Qj

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