Sans touristes, pas d’espoir : les hôtels français en grande difficulté

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Avec 89 millions de touristes internationaux en 2018, la France est la première destination touristique mondiale. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, c’est tout un secteur qui souffre. Terriblement. Les 5 millions de Français qui avaient pour habitude de quitter l’hexagone pour les vacances et qui ont revu leurs projets 2020 à la sauce tricolore ne compenseront pas la perte engendrée par l’interruption des vols long-courriers, l’arrêt des séminaires et des salons, le report des festivals.

Selon la Banque de France, l’activité hébergement n’a repris qu’à hauteur de 25 % au mois de juin. Dans sa note de conjoncture publiée au début de ce mois, elle s’attendait à 40 % d’activité seulement en juillet. Le secteur est à la peine, loin derrière les autres activités de service qui retrouveront en moyenne 80 % de leur activité habituelle lors de ce premier mois d’été.

Pour les hôtels en particulier, c’est une catastrophe. « Les Français sont 15% à choisir l’hôtel pour les vacances. Cette clientèle se porte plutôt vers des meublés, des campings, des villages vacances… », note Didier Arino, le directeur du cabinet d’études Protourisme. Résultat : bien des réceptions désertées cet été. Quand ce n’est pas carrément la porte de l’hôtel qui est restée close.

Selon les données récoltées par le cabinet spécialisé MKG, le taux d’occupation des hôtels en France entre le 1er et le 25 juillet est de 52,8 %. En chute de presque 25 points par rapport à l’année dernière. En réalité, la situation est bien pire qu’une chambre vide sur deux. Car le calcul ne tient compte que des établissements ouverts. Et tous les hôtels n’ont pas repris, loin de là, espérant un rebond de l’activité et prévoyant une réouverture en septembre. « Pour qu’un hôtel atteigne le point d’équilibre, il faut souvent une occupation d’au moins 60 %, estime Didier Arino. En dessous, ça leur coûte plus cher d’ouvrir que de rester fermés. »

Mauvaise à peu près partout, la situation est catastrophique à Paris, première ville touristique du monde, dans les grandes villes de France et tous les lieux extrêmement dépendants du tourisme international. Ainsi autour du parc d’attractions Disneyland Paris, un hôtel sur six est ouvert. A Lourdes, c’est à peine un sur trois.

Côté fréquentation, même constat. Si les hôtels de la Côte Atlantique, de Bretagne et de la Manche résistent et enregistrent des taux d’occupations similaires au mois de juillet 2019 — respectivement 80 %, 68 % et 76 % dans les hôtels ouverts selon les chiffres de MKG — la Côte d’Azur et l’Ile-de-France s’écroulent : -19 % et – 35 %. C’est même – 53 % si on ne prend que la capitale.

« On est de plus en plus sur des réservations au jour le jour », constate Laurent Duc de l’Umih, le premier syndicat de la branche avec plus de la moitié des 18 000 hôtels français représentés. Le professionnel remarque également des disparités selon le classement : « Globalement, les 2 ou 3 étoiles s’en sortent mieux que les palaces. » Le problème, c’est que ces derniers, actuellement à l’arrêt, sont des locomotives en termes d’argent et d’emploi. « Un palace emploie trois fois plus de personnes par chambre qu’un hôtel bas de gamme », rappelle Didier Arino.

Autant d’éléments qui laissent craindre, à toute la profession, des lendemains encore plus difficiles. Le gouvernement vient certes de prolonger les mesures de chômage partiel jusqu’à décembre pour l’hôtellerie et Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat chargé du Tourisme a annoncé la réouverture des salons.

Mais pour les spécialistes, le secteur est à deux doigts de la catastrophe. « Les séminaires, congrès et salons représentent 34 milliards d’euros (Mds€) pour la France, pointe Didier Arino. On perdra probablement entre 15 et 20 Mds€ sur ce segment en 2020. À fin juillet, le tourisme a déjà perdu 50 Mds€ rien que pour la France. On estime qu’on perdra a minima 200 000 emplois d’ici la fin de l’année sur un total de deux millions. Mais, sans les aides de l’Etat, cela aurait pu être 500 000 emplois directs perdus, et autant d’indirects. »

Concernant les seuls hôtels, Laurent Duc de l’Umih estime à 30 % le nombre d’établissements qui pourraient fermer définitivement leurs portes cette année : 15 % qui auraient pu fermer avant la crise et qui ont été maintenus sous perfusion, et 15 % directement fragilisés par la crise du coronavirus.


SOURCE: https://www.w24news.com

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