Sérail: Voici les promesses de Kamto à Biya pour l’année 2020

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    S’il est plus qu’évident que son parti sera hors du jeu institutionnel pendant au moins les cinq prochaines années, le président du Mrc entend accentuer la pression sur le pouvoir.

    L’agenda politique de Maurice Kamto en 2020 est connu (ou presque). Dans son message plus que jamais offensif à la nation, le 31 décembre 2019, le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a clairement annoncé qu’il lancerait cette année la phase III du « Plan national de résistance ». Celle-ci consistera d’emblée à : « mettre tout en oeuvre pour obtenir la libération, dans les meilleurs délais possibles, de [ses] camarades, militants et sympathisants, prisonniers politiques encore injustement détenus » ; « assurer la réussite du boycott du double scrutin prévu le 09 février 2020, car la tenue de ces élections conduira à une impasse et aggravera le conflit armé dans le NoSo autant que les tensions politiques dans le pays».

    Enfin, « au cas où le pouvoir passerait en force, comme à son habitude, deux types d’actions seront engagés », assure le candidat déclaré deuxième à la présidentielle de 2018 : « mobiliser la population afin qu’elle fasse entendre ses revendications par toutes les voies pacifiques ; accentuer l’action internationale à tous les niveaux pour une implication effective et plus efficace de la communauté internationale et des principaux partenaires bilatéraux du Cameroun dans le règlement des crises multiformes qui le frappent gravement, en particulier la crise humanitaire dans le NoSo ».

    En fait d’action internationale, Maurice Kamto séjourne depuis près d’un mois en Europe. Un communiqué de la fédération Europe du Mrc daté du 30 novembre 2019 précise certes qu’il s’agit d’un séjour professionnel, mais l’annonce de la tenue d’un giga-meeting le 1er février prochain par le président du Mrc à Paris, c’est-à-dire, quelques jours seulement avant la tenue du double scrutin législatif et municipal du 09 février au Cameroun, démontre qu’il fait du lobbying auprès de hautes personnalités françaises et de bien d’autres pays – des informations non officielles l’annoncent également aux Etats-Unis d’Amérique. Le choix de la France est d’ailleurs loin d’être anodin. Depuis plusieurs mois, il y a un net resserrement des liens entre Paris et le régime de Paul Biya.

    Maurice Kamto et le Mrc qui soupçonnent les autorités de ce pays de soutenir Yaoundé et d’avoir fait obstruction à l’internationalisation effective de la crise anglophone, tentent de leur faire changer d’avis. Par ailleurs, le meeting du 1er févier, le premier du genre pour Maurice Kamto dans une capitale européenne, sera l’occasion pour lui non seulement de communier avec ses militants et sympathisants de la diaspora, mais il lui sera également donné de les mobiliser pour le boycott des prochaines élections législatives et municipales, après leur avoir, bien entendu, entretenu sur le bien-fondé d’une telle décision.

    Visées insurrectionnelles

    Au plan interne, Maurice Kamto et ses camarades, convaincus de ce que « le système en place a épuisé sa logique et que le Cameroun ne peut plus rien en attendre », font appel « à ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous pour échapper à l’autodestruction nationale ». Une telle mission, souligne le président du Mrc, « transcende les partis politiques, les clivages ethniques, les appartenances religieuses et les croyances de toutes sortes. C’est à un sursaut national que la situation dramatique de notre pays appelle sans délai tous ses enfants ».

    Il semble illusoire pour l’instant de penser que l’action du Mrc fera reculer le pouvoir. Au contraire, ce dernier ne s’en émeut pas le moins du monde et organisera les élections de février qui viendront consacrer l’exclusion pour au moins cinq ans du parti de Maurice Kamto du jeu institutionnel. En l’absence d’une tribune légale pour s’exprimer, ce dernier aura fort à faire avec l’administration sur le chemin de la résistance qu’il a choisi. En face, il y’aura principalement le ministre de l’Administration territoriale et l’ensemble de la préfectorale.

    D’autres membres du gouvernement, à l’instar de Jacques Fame Ndongo et René Emmanuel Sadi, respectivement ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur et ministre de la Communication, ont prévenu dès la sortie de Maurice Kamto de prison, le 05 octobre 2019, qu’il court à nouveau le risque de se heurter à la rigueur de la loi. Mais ce dernier semble déterminé à rester, en 2020, le poil à gratter du régime, dont certains lieutenants lui prêtent des visées insurrectionnelles.



    SOURCE : https://en.cameroonmagazine.com/serail-voici-les-promesses-de-kamto-a-biya-pour-lannee-2020/?remotepost=79812

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