Shinzo Abe, la démission surprise d’un vétéran de la vie politique japonaise

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    C’est un marathonien qui s’effondre à l’arrivée. Le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a annoncé ce vendredi sa démission. «Malheureusement, ma santé s’est dégradée fortement en juillet et ce mois-ci et a été confirmée une récidive d’une inflammation intestinale. J’ai décidé de démissionner ayant perdu confiance dans ma capacité à mener une politique efficace au service de la population», a déclaré le chef du gouvernement, la gorge nouée et la voix enrouée. Il va bénéficier d’un nouveau traitement. Son entourage politique avait déjà commenté ce départ après des fuites médiatiques plusieurs heures avant l’annonce officielle. «C’est très dommage, on avait beaucoup de choses à faire, à commencer par la préparation des Jeux olympiques de Tokyo», a réagi la gouverneure de la capitale japonaise, Yuriko Koike.

    «Nous allons réorganiser le parti en fonction de cet événement», a ajouté un responsable du Parti libéral-démocrate présidé par Abe. «Je ne m’y attendais pas du tout, c’est une surprise totale», a assuré une de ses proches, la nationaliste Tomomi Inada. Une réunion au parti est prévue dans la soirée pour préparer la désignation de son successeur comme président de la formation et Premier ministre.

    Shinzo Abe, 65 ans, qui s’est expliqué lors d’une conférence de presse, venait tout juste de dépasser les 2 798 jours en continu à la tête du pays, record de longévité en un mandat détenu précédemment par son grand-oncle, Eisaku Sato (Premier ministre de 1964 à 1972). Mais, à peine ce record battu, il est contraint par la maladie de quitter le devant de la scène politique. C’est la deuxième fois que cela arrive à cet animal politique qui compte autant de détracteurs que d’admirateurs, y compris dans son camp.

    Shinzo Abe avait mis fin à un premier mandat de seulement un an en 2007, officiellement en raison de problèmes intestinaux, mais aussi après une vague de démissions de ministres englués dans des scandales. Il était alors beaucoup moins aguerri. Traversée du désert mise à profit, médicament efficace jusqu’à récemment, changement de coupe de cheveux, davantage d’aisance devant les caméras, mieux conseillé et débarrassé de l’ombre de son mentor Junichiro Koizumi, ce nationaliste assumé était revenu pimpant aux affaires fin 2012. Il se posait alors comme sauveur d’un Japon en péril après les trois ans au pouvoir d’un parti de centre gauche et la triple catastrophe du 11 mars 2011 (séisme, tsunami, accident nucléaire de Fukushima). La valse des têtes (un nouveau Premier ministre tous les ans entre 2006 et 2012) s’arrêta là. Il s’installa dans son fauteuil avec une assise solide, le soutien quasi entier de l’omnipotent Parti libéral-démocrate (PLD), cofondé par son grand-père et ex-Premier ministre de 1957 à 1960, Nobusuke Kishi.

    «Il a pris à bras-le-corps les problèmes les uns après les autres et sept ans et demi sont passés d’une traite. Depuis janvier, avec l’ensemble du gouvernement il s’occupe de toutes ses forces de la crise du coronavirus», déclarait cette semaine le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, tout en niant un déclin de la santé du Premier ministre. «Il est en pleine forme», avait même juré un de ses protégés, le ministre de la Revitalisation économique, Yasutoshi Nishimura.

    Pendant toutes ces années, l’héritier d’une dynastie d’hommes politiques s’est distingué d’abord avec une politique économique baptisée «Abenomics» censée débarrasser le pays de la déflation lancinante via ses «3 flèches» – politique budgétaire généreuse, politique monétaire ultra-souple et réformes structurelles. Sous le gouvernement Abe, remanié maintes fois, le plein-emploi s’est installé, avec même des pénuries de personnel dans certains secteurs, mais aussi beaucoup de travailleurs pauvres, ne travaillant pas assez pour bien vivre, mais trop pour entrer dans les statistiques du chômage. La place des femmes s’est un peu améliorée, mais elles ne «brillent» pas autant qu’il l’avait promis. La taxe sur la consommation a connu deux hausses successives (passant ainsi de 5 à 10%), ce qui n’a pas plu à tout le monde.

    L’année 2020 devait être celle de la consécration avec les Jeux olympiques de Tokyo pour lesquels il a mouillé sa chemise en accompagnant la candidature de la capitale jusqu’à prononcer un discours en anglais (qu’il ne parle pas couramment), jurer que la pollution marine était «sous contrôle à Fukushima»et se déguiser en plombier Mario à Rio. 2020 devait aussi être, selon ses plans, l’année de la première révision de la Constitution japonaise, rédigée en 1946 de la main de l’occupant américain, entrée en vigueur en 1947 et jamais amendée depuis. Il en a fait l’ultime ambition de sa carrière, une affaire d’honneur familial presque, en souvenir de son grand-père Kishi. Il s’est dit vendredi «très peiné de n’avoir pu mener à bien» ce qui était pour lui une mission. «C’est une promesse de notre parti et un successeur, quel qu’il soit, prendra cette réforme en main».

    Depuis 2012 et jusqu’à récemment, il avait toujours rusé pour se maintenir à la tête du pays, malgré des affaires, des soupçons répétés de favoritisme, quelques arrangements avec la Constitution pour durcir les prérogatives des soldats japonais à l’extérieur. Tombait-il dans les sondages qu’il avait toujours deux armes à sa disposition : les tournées à l’étranger où il redorait le blason du pays. Il se refaisait ainsi une santé en posant avec Donald Trump ou Vladimir Poutine, reléguant au second plan les ennuis à l’intérieur. Autre arme : la dissolution de la chambre basse du Parlement. Avec une opposition en miettes incapable de présenter des candidats partout, son PLD avait peu de chances de perdre et lui-même n’avait guère de rival à la hauteur dans son parti, même si certains se préparaient activement à être le Premier ministre «post-Abe». La crise du coronavirus, contre laquelle il a annoncé vendredi de nouvelles mesures pour faire face aux risques à venir, l’a privé de séjours hors de l’archipel et sa santé fléchissante a précipité la chute déjà bien amorcée à cause de divers scandales.

    Qui pour lui succéder ? Nul ne le sait, mais le post-Abe, «cela risque d’être du Abe sans Abe», prévient le politologue Koiichi Nakano.

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    SOURCE: https://www.w24news.com

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