Tour de France – Roglic, Pinot, Bernal, Dumoulin, Bardet et les autres : les favoris au crible

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    Sa chute au Dauphiné, ses déclarations quant à ses doutes, vite levés, sur sa participation au Tour de France jettent un léger voile sur un « début » de saison parfait jusqu’à alors. Quatrième du Tour 2018, troisième du Giro l’année suivante, Primoz Roglic a validé sa progression par une victoire autoritaire sur la Vuelta 2019.

    Individuellement, son début de saison était idéal jusqu’à cette quatrième étape du Dauphiné et cette chute qui l’a contraint à ne pas prendre le départ de l’étape finale. Au Tour de l’Ain, Bernal n’a rien pu faire face à sa domination. Sur le Dauphiné, ni le Colombien, ni Pinot, ni les autres ne pouvaient rivaliser.

    Collectivement, son équipe a brillé, prenant souvent les traits des Ineos des saisons passées. C’est donc en favori, selon nous, que Roglic se présente à Nice. S’il conserve la forme de ce mois d’août, il faudra du grand Pinot ou du grand Bernal pour le battre. Surtout qu’il a l’avantage sur ces deux hommes en contre-la-montre…

    Le tenant du titre. Un an après avoir marqué l’histoire par sa précocité (plus jeune lauréat en 110 ans) et son origine (premier vainqueur sud-américain), Egan Bernal s’attaque à un périlleux doublé. Au sein d’une équipe Ineos délestée des deux grandes figures britanniques que sont Chris Froome et Geraint Thomas, le Colombien apparaît comme l’indiscutable leader.

    Psychologiquement, cela peut faciliter son approche de ce Tour, mais, comme on n’a rien sans rien, cela place aussi plus de responsabilités sur ses épaules. Cette équipe est désormais clairement la sienne. Un éventuel échec d’Ineos serait donc aussi, avant tout, le sien.

    Après sa victoire sur le Route d’Occitanie pour sa course de rentrée, nous en aurions certainement fait le favori numéro un. Mais il a ensuite été dominé par Roglic sur le Tour de l’Ain avant de quitter le Dauphiné à cause d’une blessure au dos. Il n’aborde donc pas ce Tour dans des conditions idéales. Mais si Bernal est physiquement à 100% ces trois prochaines semaines, il faudra être costaud pour le devancer à Paris au classement général.

    Thibaut Pinot a tout connu sur le Tour de France. De grandes joies, d’immenses espoirs, et de gigantesques désillusions. La dernière en date reste aussi la plus douloureuse. En 2019, le Franc-Comtois était peut-être le plus fort en montagne. Il pouvait rêver d’un triomphe final à Paris, puis tout s’est évaporé à 47 heures de l’arrivée. Dans son corps et peut-être plus encore dans sa tête, la reconstruction, une de plus, a été délicate. Mais il semble avoir tourné la page.

    Intrinsèquement, Pinot n’a que peu d’équivalents dans le peloton lorsqu’il est au sommet de son expression. Il possède le talent, l’expérience et une équipe soudée autour de lui qui lui est entièrement dévouée même si elle n’est pas tout à fait au niveau des armadas Jumbo-Visma ou Ineos. Enfin, ce qui ne gâte rien, le parcours semble taillé sur mesure pour ses qualités. Le décalage du Tour en septembre, pour lui qui n’aime pas les très fortes chaleurs estivales, n’est pas une mauvaise affaire.

    Alors, est-ce enfin la bonne pour le leader de l’équipe Groupama-FDJ ? Sa condition est apparue très satisfaisante depuis la reprise de la saison. 4e de la Route d’Occitanie, il a ensuite fini 2e du Dauphiné. Mais difficile de ne pas y voir une déception, alors qu’il avait abordé la dernière étape en leader du général. La crainte, avec Pinot, tient dans ces petits grains de sable qui, entre aléas de course, petits pépins et grandes détresses, semblent toujours le priver d’aller au bout de son rêve.

    A 30 ans, Nairo Quintana fait presque figure d’ancien maintenant, y compris chez lui, en Colombie, où la fulgurante émergence d’Egan Bernal lui a mis un coup de vieux. Son prometteur début de saison au sein de sa nouvelle équipe, Arkéa-Samsic, a été stoppé net par le confinement. Mais on le sentait l’esprit libre, loin des luttes intestines de la Movistar.

    Ces dernières semaines, il avait rassuré sur le Tour de l’Ain (3e) mais son abandon sur le Dauphiné laisse planer un énorme doute sur ses capacités. Lorsqu’il a quitté la course, Quintana pointait au 7e rang et ses « violentes douleurs au genou » inquiètent forcément. La grande question réside donc sur son état de santé. Un préalable indispensable. S’il peut s’exprimer pleinement, Quintana sera un candidat au podium, surtout en l’absence d’un pur chrono de spécialistes.

    Malgré tout, il est difficile de l’imaginer en grand triomphateur sur les Champs-Elysées, ce que ses premières participations au Tour avaient suggéré. Reste que, quand les jambes et la tête tournent, il possède trop de qualités pour être écarté totalement. A minima, il peut jouer les trouble-fêtes. Si son genou veut bien le laisser tranquille…

    Contrairement à beaucoup, il a pu s’entraîner en Belgique à l’heure où certains étaient en confinement total. Tom Dumoulin a donc pu étaler sa préparation sans s’imposer de trop brutales séances de travail et il espère en recueillir les fruits en cette fin d’été. Sur le Dauphiné, on l’a vu se bonifier au fil des jours. Il connait la musique, sait gérer les temps forts et les temps faibles d’une course de trois semaines, et il sait gagner.

    Deux nuages flottent quand même dans le ciel du Batave. D’abord, chez Jumbo-Visma, l’encombrant Primoz Roglic prend de la place. A commencer par celle de leader. Dumoulin apparaît davantage comme un super lieutenant. Aura-t-il les coudées franches ? Cela dit, c’est un inconvénient qui possède son pendant confortable : le poids de la course n’est pas sur lui et il peut se tenir prêt si Roglic venait à être diminué physiquement.

    L’autre souci pour Dumoulin, c’est l’absence d’un véritable contre-la-montre pour spécialistes. Redoutable rouleur, champion du monde de la discipline en 2017, il ne pourra tirer parti de son avantage sur bon nombre de ses adversaires dans cette épreuve. Reste qu’il est la définition même de la solidité. N’oublions pas, non plus, que Tom Dumoulin a terminé sur le podium de trois des quatre derniers grands Tours auxquels il a pris part.

    Mikel Landa c’est l’histoire de l’homme qui cherche à être au bon endroit, au bon moment. Révélé chez Astana, il avait pris le parti de signer chez Sky en 2016. On lui promettait le rôle d’équipier, il n’avait raté le podium du Tour 2017 que pour une seconde derrière Bardet. L’Espagnol, parti chez Bahrain-McLaren pour fuir Movistar, a terminé dans le top 10 des trois derniers Tour de France. Il est le seul dans ce cas-là.

    Régulier au plus haut niveau donc, excellent grimpeur mais piètre finisseur en petit groupe, Landa est un candidat évident au top 10 et presque naturel au top 5. Il l’a manqué pour 18 secondes chez Movistar alors qu’il n’avait pas un soutien évident de son équipe, il peut le faire chez Bahrain-McLaren avec des coéquipiers solides.

    Prêt à prendre des risques pour renverser la course, Landa pourrait être un allié de taille pour les adversaires du train Jumbo-Visma et sa dernière étape catastrophique du Dauphiné – il a souffert de crampes – ne doit pas faire oublier qu’il était toujours dans le coup pour la gagne à la veille de l’arrivée.

    Il a presque été supplanté par les météorites Van Aert et van der Poel mais Tadej Pogacar est l’un des coureurs les plus intrigants et excitants de cette 107e édition du Tour de France. Intriguant parce qu’à 20 ans il montait sur le podium de son premier Grand Tour, la Vuelta, en septembre dernier. Excitant parce qu’il y avait remporté trois étapes de haute montagne et que le Tour 2020 promet de sourire aux coureurs de son style.

    A 21 ans, Tadej Pogacar a dominé le Tour de Valence, pris la deuxième place à l’UAE Tour et s’est même offert le luxe de battre Roglic au championnat de Slovénie contre-la-montre, preuve de son extrême polyvalence. Certes jeune et peu aguerri, le leader de l’équipe UAE n’en sera pas moins surveillé. S’il veut se faire un place au soleil, ce sera à la force des jambes.

    Que peut-il espérer ? Un top 5 ressemblerait à la fois à une superbe performance et à une prise de rendez-vous pour l’avenir. Un podium serait lui synonyme d’exploit au regard de la concurrence. Le voir en dehors du top 10 serait en revanche une petite surprise. C’est dire le niveau d’attentes autour de Tadej Pogacar.

    Les paris de Fritsch : Alaphilippe en vert et à pois, Pogacar en jaune, Cavagna super-combatif…

    « Superman » Lopez va découvrir le Tour. A 26 ans ce n’est pas très vieux mais il a couru son premier Grand Tour en 2016 et a dû, depuis, se contenter du Giro et de la Vuelta, la faute à une équipe Astana qui lui a toujours préféré d’autres leaders en juillet (Aru, Fuglsang).

    Formidable grimpeur, mauvais rouleur, Miguel Angel Lopez n’aura d’autre choix que d’animer la course s’il veut terminer à une bonne place au général. Sur le podium du Giro et de la Vuelta en 2018, il semblait prêt à prendre son envol avant de reculer dans la hiérarchie l’année dernière.

    Pour sa découverte du Tour, dans un peloton nerveux, Miguel Angel Lopez devra être vigilant. Il n’est pas le meilleur pour frotter et malheureusement pour lui c’est primordial sur le Tour. S’il perd rapidement du temps, il sera un candidat à une victoire d’étape. Il faudrait qu’il soit aérien pour monter sur le podium. L’avantage c’est que si c’est le cas, il y aura du spectacle.

    Vainqueur du Giro 2019, Richard Carapaz devait défendre son titre sur les routes italiennes en octobre. Las, Geraint Thomas et Chris Froome à court de forme, Dave Brailsford a appelé le nouveau venu chez Ineos à la rescousse. Évidemment sa condition pose question alors que cinq semaines séparaient son principal objectif de la saison du départ du Tour.

    Dans quel état d’esprit et dans quel rôle, le premier vainqueur équatorien d’un Grand Tour se présente-t-il ? On imagine que Dave Brailsford lui offrira, au moins, le statut de leader de rechange en cas de défaillance d’Egan Bernal. Une chose est sûre, Carapaz est un coureur loyal et il fera l’équipier si on le lui demande.

    Reste qu’avec deux leaders, Ineos se donne deux fois plus de chance de faire dérailler le train jaune des Jumbo-Visma. Carapaz, comme Bernal, est un pur grimpeur, les changements de rythme et les offensives lointaines ne lui font pas peur. Le duo a de l’allure et Carapaz en est une pièce importante.

    Richard Carapaz et Egan Bernal, les deux leaders du Team Ineos sur le Tour de France 2020

    Pour sa der chez AGR2, il aura à cœur de bien faire. Mais les meilleures années de Romain Bardet semblent derrière lui. Trop dangereux pour bénéficier d’une vraie liberté, trop juste pour faire la différence en haute montagne face à ses principaux rivaux, il est face à une équation presque insoluble. Un Top 10 est tout à fait dans ses cordes. Un podium serait une très grande réussite, une victoire à Paris une énorme surprise.

    Solide sur la Route d’Occitanie, Bauke Mollema a été un des rares favoris du Tour à s’aligner sur le Tour de Lombardie plutôt que sur le Dauphiné. Tenant du titre en Italie, le Néerlandais a cette fois terminé 4e, mais il s’y est montré à son avantage. Chez Trek-Segafredo, il va partager les responsabilités avec Richie Porte. En retrait ces dernières années sur le Tour, il n’a plus figuré dans le Top 10 depuis 2015.

    Emanuel Buchmann est en pleine progression. A 26 ans, l’Allemand terminait à une 4e place surprise en 2019, symbole d’une progression linéaire. Sa chute au Critérium du Dauphiné l’a contraint à l’abandon et a forcément gêné sa préparation. S’il est à 100%, Buchmann n’est pas à négliger pour le podium. Dans le cas contraire, la Bora-Hansgrohe fera feu de tout bois pour aller chercher une ou plusieurs étapes.

    L’éternel Alejandro Valverde. Personne n’a plus participé au Tour de France que lui dans le peloton de l’édition 2020. S’il a terminé 9e en 2019, Valverde n’a pas levé les bras. Encore. Sa série de Grande Boucle sans succès dure maintenant depuis 2012, pour un chasseur d’étapes comme lui, c’est une éternité. Avec Soler et Mas dans son équipe, le Murcien va-t-il changer de stratégie et abandonner le général ? Il faudrait un énorme concours de circonstances pour qu’il entre dans le top 7.

    Il figure dans cette liste par respect pour sa victoire sur le Dauphiné. Le Colombien intrigue, il est encore jeune et son potentiel pas tout à fait cerné. Mais sa formidable victoire sur le Criterium ne doit pas faire oublier qu’il en fut un vainqueur un peu atypique. Et le Tour, ce n’est pas le Dauphiné. Sur trois semaines, son absence de références empêche de fixer des attentes trop élevées. Il vient d’abord pour en apprendre plus sur lui-même.

    Un coureur toujours en phase ascendante même si, à 27 ans, Guillaume Martin n’est plus un débutant. Il semble franchir encore un cap cette année chez Cofidis et sa 3e place sur le Dauphiné constitue une des performances majeures de sa carrière. 12e du Tour l’an dernier, il peut briguer une place dans le Top 10 pour la première fois. Mais il devra aussi gérer des attentes inédites. La rançon de ses récents progrès…

    On a l’impression que les meilleures années de Richie Porte ont été gâchées par la malchance. Souvent à terre sur le Tour – il a abandonné en 2017 et 2018 – il n’a pu confirmer le talent entrevu chez Sky, notamment en 2015 quand il était le lieutenant de Chris Froome. Encore placé à la veille de l’arrivée du Dauphiné avant d’exploser, l’Australien évoluait déjà en second rideau. C’est ce à quoi il semble condamné aujourd’hui, à moins d’une énorme surprise.


    SOURCE: https://www.w24news.com

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