World News – FR – « Un pays qui se garde sage »: des vidéos brutes de violences policières en quête de contextualisation

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Critique

Le documentaire de David Dufresne, en salles le mercredi 30 septembre, montre des vidéos de violences policières partagées sur les réseaux sociaux sur grand écran

3 min de lecture

Face à l’avalanche de vidéos de blessés lors des manifestations des gilets jaunes, le journaliste David Dufresne a décidé de les identifier, et d’alerter systématiquement le ministère de l’Intérieur sur Twitter Des centaines de reportages plus tard, il a choisi de montrer à nouveau ces images « brutes » , mais sur grand écran

Un glissement des réseaux sociaux vers les salles de cinéma qui interpelle, comme certaines scènes sont vraies: quand ce jeune opérateur de chariot élévateur de Quimperlé, Gwendal Leroy, commente la vidéo de la manifestation rennaise au cours de laquelle il a perdu son œil gauche (c était en Janvier 2019)

D’autres scènes, entrecoupées d’interviews d’experts, sont quasiment impossibles à regarder: cette joue trouée, cette plaie ouverte sur le crâne, cette main déchiquetée au contact d’une GMD (grenade à main désencerclante) Ce modèle, qui a propulsé 18 petits Les projectiles en caoutchouc à 126 km / h sur un rayon de 30 m, selon l’ONG Acat, seront remplacés, a annoncé le ministère de l’Intérieur le 11 septembre

Ne pas montrer ces images, c’était les condamner à rester dans de petits cercles militants où elles ne sont partagées qu’entre convaincus. C’était obscurcir une réalité, celle de la dangerosité des armes dites « non létales » utilisées par les La police française pour maintenir l’ordre Par exemple, en Europe, seules les polices française, croate, bulgare, slovène et dans certains cas espagnole utilisent le LBD (lanceur de balle de défense) en démonstration Ne pas montrer ces images, c’était accréditer le mantra mensonger qu’il n’y a pas violence policière

Mais était-ce la bonne façon de procéder? David Dufresne précise que «95% des images« brutes »du film sont sourcées, datées, créditées et (leurs auteurs) dûment payées» Cependant, à l’écran, la contextualisation fait défaut Par exemple à la vue de ces images de CRS qui se défouler sur les manifestants qui se réfugient dans un Burger King

Dans le documentaire, ils donnent lieu à un débat lent entre un syndicaliste policier et un journaliste militant sur l’existence ou non de violences policières L’enjeu, en réalité, n’est plus là Quatre CRS ont été mis en examen en juin dernier dans cette affaire pour « violences qui ne semblaient pas justifiées », selon l’IGPN, la police Dans une enquête de BFMTV, le colonel de gendarmerie Michaël Di Meo avait déjà déclarait en avril 2019 en regardant ces mêmes images: « Malheureusement, quand les manifestants parlent de violences policières et que je vois ça, je dois aller dans leur direction »

Cependant, il aurait été utile de rappeler que cette scène se déroule le 1er décembre 2018, lors de l’acte III des gilets jaunes, après la bataille perdue par la police autour de l’Arc de Triomphe d’où sont revenus les manifestants dans ce fast-food du 17e arrondissement Et peut-être pour remettre en cause les choix faits ce jour-là en matière de maintien de l’ordre: près de la moitié des forces de l’ordre disponibles dans la capitale étaient positionnées pour sécuriser l’Elysée, Matignon et l’Assemblée nationale Une bonne partie du personnel restant empêché, statique, d’accéder aux Champs-Élysées

Interroger les choix policiers, contextualiser, rappeler les faits, cela n’excuse pas les agissements de la police Parfois c’est même le contraire Dans une autre séquence du documentaire, un manifestant est vu s’effondrer près d’un grand magasin, son visage saignant après un coup de LBD On peut deviner à partir des images que le tournage est illégal, mais sans être sûr Pour ce faire, il faut regarder l’enquête minutieuse menée par Le Monde, ce qui le montre Elle rappelle également que lors de cette manifestation à Bordeaux, le 12 janvier, 2019, il n’y a pas eu de débordement, pas de casse

La victime, Olivier Beziade, a manifesté pour la première fois avec les gilets jaunes La police est partie sans appeler au secours après la fusillade qui l’a fait plonger dans un coma artificiel par les pompiers et 90 jours d’ITT Pourtant, ils l’ont fait une obligation légale de le faire Ce sont les types de détails détaillés qui manquent à ce documentaire

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SOURCE: https://www.w24news.com/news/world-news-fr-un-pays-qui-se-garde-sage-des-vidos-brutes-de-violences-policires-en-qute-de-contextualisation/?remotepost=356794

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