Etoudi: : voici tout ce que vous ignorez sur les 39 années de pouvoir de Paul Biya

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Le président de la République a 88 ans ce samedi, 13 février 2021.

Paul Barthélémy Biya Bi Mvondo (de tout son nom), voit le jour le 13 février 1933, au village Mvomeka’a, département du Dja et Lobo, région du Sud. Une naissance ordinaire. Des parents ordinaires. Une vie ordinaire. Un père catéchiste. Une mère ménagère. Mais depuis presque 40 ans, Paul Biya est l’homme le plus puissant du Cameroun. Il dirige le Cameroun sans interruption, depuis le 06 Novembre 1982, suite à la démission du président sanguinaire Ahmadou Ahidjo. Et depuis lors, Paul Biya a successivement été élu à la tête du Cameroun, au terme de sept élections présidentielles. Celle anticipée du 11 octobre 1992, avait failli l’emporter. La légende raconte que c’est l’opposant anglophone John Fru Ndi qui, bénéficia d’une forte coalition de l’opposition, aurait en fait, remporté une élection qu’on dit détournée par une Cour suprême dirigée en son temps, par Alexis Dipanda Mouellè.

Toutes les autres élections qui ont suivi cette année mouvementée de 1992, ont vu Paul Biya l’emporter presque par plébiscite, sur ses adversaires, lesquels s’en sortent avec des scores humiliants et ridicules. De fragile et très vulnérable en 1992, Paul Biya est devenu imbattable, indomptable. La faute peut-être à une opposition « trop stupide », pour reprendre le célèbre politologue camerounais Achille Mbembe. De toute façon, Paul Biya ne se maintient pas au pouvoir par la force. Il n’a jamais été battu à une élection présidentielle, et refusé de quitter le pouvoir. À ce titre, au-delà de ce qu’on peut (à tort ou à raison) reprocher au processus électoral, le chef de l’État gagne honnêtement les élections présidentielles au Cameroun. En dehors de 1992 où elle a même obtenu une majorité au parlement, potentiel vendangé (vendu) par la suite, l’opposition n’a plus jamais été de taille à mobiliser pour battre Paul Biya. Une opposition très loin de prêcher par le bon exemple. Le scandale financier du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto sur l’appel à la générosité publique (Initiative Survival Cameroon), prétendument destiné à la lutte contre le Covid-19, est le poignant témoignage d’une opposition camerounaise sans leaders charismatiques et au-dessus de la mêlée.

Avec un bilan économique très moyen, le règne de Paul Biya à la tête du Cameroun, était cependant loin d’être une calamité. Ce n’était jusque-là, qu’un non-succès, jusqu’à l’avènement de la secte terroriste Boko Haram, sur la frontière du Cameroun avec le Nigeria, dans la région de l’Extrême – Nord. La secte djihadiste a déjà fait des milliers de morts parmi les civils et les soldats camerounais. Et avec la crise politico- militaire en cours dans les deux régions anglophones du Cameroun depuis quatre ans, avec un bilan tragique de près d’un million de personnes déplacées internes et réfugiées au Nigeria voisin, Paul Biya perd ce qui a toujours fait son orgueil et sa fierté à la tête du Cameroun : la paix. Il perd aussi quasiment l’unité du pays, avec ces régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui, aspirent pour la majorité de ses ressortissants au fédéralisme, et pour une extrême minorité, à la sécession. Âgé de 88 ans aujourd’hui, Paul Biya comme tout être humain, n’a plus certainement sa verdeur d’antan. Les mauvaises langues prétendent que depuis 15 ans, il règne seulement sur le Cameroun, sans le diriger, laissant la direction effective du pays à ses tout-puissants secrétaires généraux de la présidence de la République, et à ses directeurs de cabinet civil. Aussi sous les lambris dorés et salons huppés de Yaoundé, se raconte-t-il que, Ferdinand Ngoh Ngoh l’actuel ministre d’État secrétaire général de la présidence de la République, serait le vrai président du Cameroun.

Ces théoriciens qualifient alors Paul Biya de roi, de monarque ou de président d’honneur du Cameroun. Pour eux, il règne sans gouverner. Le chef de l’État est peut-être venu au secours de ses contempteurs, en accordant officiellement sa délégation de signature à Ferdinand Ngoh Ngoh.  » Pour comprendre que c’est Ngoh Ngoh qui dirige vraiment le Cameroun, et a formé ce gouvernement (celui du 04 janvier 2019, Ndlr), il n’y a qu’à voir comment tous les ministres étaient chez lui hier soir pour aller le remercier d’être entrés ou restés au gouvernement », déclare un journaliste camerounais un jour après la formation de la nouvelle équipe gouvernementale du 04 janvier 2019. Et plus que par le passé, la main puissante, prégnante et omniprésente de Ferdinand Ngoh Ngoh, neuf ans (record absolu) comme secrétaire général de la présidence de la République, se fait sentir dans la marche du pays et ses grandes décisions.

Ce plus proche collaborateur du chef de l’État a pris plus d’envergure, avec l’éviction de Martin Belinga Eboutou, comme directeur du cabinet civil de la présidence de la République, le 02 mars 2018. Et depuis lors, dit-on, Ferdinand Ngoh Ngoh règne sans partage, seulement freiné sporadiquement, par Paul Biya et son épouse dont il est de la même ethnie ; un frère du village. Le tout-puissant ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, n’hésite même pas à donner des injonctions à ses collaborateurs du gouvernement. Il est clair et évident que le Premier ministre Joseph Dion Ngute est un bon figurant : le vrai chef du gouvernement, le coordonnateur exécutif de l’Exécutif camerounais, c’est Ferdinand Ngoh Ngoh qui au nom de Paul Biya, donne même des ordres à une Justice camerounaise dirigée par le ministre d’État, vieux et cacique Marie Laurent Esso.

REF: camer

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